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Doriane Pin, du simulateur Mercedes à la Formule 1 : une trajectoire qui s’accélère

À seulement 21 ans, Doriane Pin incarne sans doute l’un des visages les plus crédibles de la nouvelle génération de pilotes capables de faire bouger les lignes en sport automobile. Championne de F1 Academy, programme exclusivement féminin lancé par la Formule 1 pour favoriser l’accès des femmes au plus haut niveau, la Française vit depuis plusieurs semaines une séquence aussi intense que symbolique. Entre sollicitations médiatiques, premiers pas au simulateur de Formule 1 et perspectives concrètes de roulage, son parcours semble entrer dans une nouvelle dimension.

Une immersion très sérieuse dans l’univers F1

C’est lors d’une tournée médiatique dense, ponctuée notamment par un passage sur le plateau de l’émission Grand Prix, tours d’honneur sur Canal+, que Doriane Pin a lâché une information qui n’est pas passée inaperçue. « J’ai commencé le simulateur la semaine dernière et, si tout se passe bien, un test pourrait être planifié », confiait-elle alors. Une déclaration lourde de sens, confirmée et précisée quelques jours plus tard dans les studios d’AUTOhebdo, où elle était invitée aux côtés de Lisa Billard, autre Française engagée en F1 Academy à l’horizon 2026.

Protégée de Mercedes, Doriane Pin a ainsi effectué sa toute première journée de travail avec l’équipe de Formule 1 de Brackley. Une entrée en matière sérieuse : 102 tours parcourus en une seule journée sur le simulateur, un outil devenu central dans le développement des monoplaces modernes. « C’était fabuleux, raconte-t-elle. Le matin était surtout dédié à l’adaptation. Le simulateur est extrêmement réaliste, l’un des meilleurs au monde en Formule 1. Le retour de force, la pédale de frein, les sensations générales… on a vraiment l’impression de rouler dans une F1. »

Un rôle déjà actif dans le développement technique

Loin d’un simple roulage symbolique, cette première expérience s’est rapidement orientée vers un travail de fond. L’après-midi, la jeune pilote a participé à des séances plus techniques, directement liées au projet 2026, année charnière qui verra l’introduction d’une nouvelle réglementation moteur et aérodynamique en Formule 1. Une marque de confiance forte de la part de Mercedes, qui ne se contente pas d’observer, mais implique déjà Doriane Pin dans ses processus de développement.

« C’était une très belle expérience, poursuit-elle. Je vais avoir d’autres opportunités dans les prochains mois pour continuer ce travail. Et surtout, si tout se passe bien, il pourrait y avoir une opportunité de rouler en Formule 1 sur un vrai circuit, en conditions réelles. Il faut donc bien préparer tout ça. »

Un test en F1, sous quelles conditions ?

Si un roulage venait à se concrétiser, il prendrait très probablement la forme d’un TPC (Test Previous Car), ces essais privés réalisés avec des monoplaces de saisons précédentes. Une étape classique pour les jeunes pilotes intégrés aux programmes des écuries, permettant de découvrir la réalité de la F1 sans les contraintes du calendrier officiel.

En revanche, pour participer à une séance d’Essais Libres 1 en Grand Prix, les exigences sont plus élevées. Doriane Pin devrait alors obtenir une Super Licence spécifique aux essais, nécessitant 25 points, et avoir parcouru au moins 300 kilomètres d’essais dans une Formule 1. Un objectif atteignable à moyen terme, mais qui demande une construction méthodique de son programme sportif.

Si elle venait à prendre le volant d’une Mercedes en piste, la Française s’inscrirait dans une lignée encore trop courte. Avant elle, Jessica Hawkins chez Aston Martin (2023) et Tatiana Calderón chez Alfa Romeo (2018) ont effectué des tests privés. En séance officielle, il faudrait remonter à Susie Wolff, dernière femme à avoir participé à des Essais Libres 1, avec Williams en 2015.

L’Endurance comme autre voie vers l’excellence

Lucide et stratégique, Doriane Pin ne limite toutefois pas son avenir à une trajectoire linéaire vers la Formule 1. Si la catégorie reine reste son objectif ultime, elle revendique une vision plus ouverte du sport automobile moderne. La preuve : son retour en Endurance est acté dès 2026.

« Je participerai aux 24 Heures du Mans l’an prochain, avec l’Hypercar comme objectif à court terme », a-t-elle confirmé. Une décision cohérente pour une pilote déjà rompue à l’Endurance, discipline dans laquelle elle a démontré une maturité impressionnante. Reste à savoir sous quelle forme se fera ce retour : LMGT3, LMP2, ou via un programme en WEC ou en European Le Mans Series. Autant d’options qui témoignent de la richesse de son profil.

Une génération qui redéfinit les parcours

Le parcours de Doriane Pin illustre parfaitement l’évolution du sport automobile contemporain. Là où la pyramide des monoplaces était autrefois perçue comme l’unique chemin vers la Formule 1, les trajectoires hybrides — mêlant simulateur, endurance, programmes constructeurs et catégories alternatives — deviennent de plus en plus crédibles.

À travers son sérieux, son discours posé et la confiance que lui accordent déjà des structures de premier plan, la Française incarne cette nouvelle génération de pilotes capables d’exister à la fois sur la piste et dans les coulisses techniques. Le simulateur n’est peut-être qu’une étape, mais il marque un tournant : celui où le rêve de Formule 1 commence à se transformer en projet tangible.




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