Pin startet ins Jahr 2025Pin Powers into 2025

Doriane Pin, la fusée tricolore qui vise la Formule 1

À seulement 22 ans, Doriane Pin incarne déjà bien plus qu’un simple espoir du sport automobile français. Championne 2025 de F1 Academy, la jeune pilote originaire de la Drôme avance à une vitesse impressionnante sur une trajectoire claire, assumée, presque méthodique : atteindre la Formule 1. Dans un univers encore très majoritairement masculin, elle ne demande ni passe-droit ni indulgence. Seulement une chose : une voiture compétitive et une chance de prouver sa valeur.

Son surnom, “Pocket Rocket”, lui colle à la peau depuis plusieurs saisons. Une fusée de poche, oui, mais surtout une pilote complète : rapide, analytique, travailleuse, dotée d’un mental déjà digne du très haut niveau. Son petit gabarit, longtemps perçu comme un frein, est devenu une force. Et son parcours, loin d’être linéaire, raconte une histoire de patience, de résilience et de choix audacieux.

Une vocation née très tôt… mais contrariée

Chez Doriane Pin, la passion du sport automobile est presque génétique. Son père organise des événements de karting, et dès l’âge de 6 ans, elle se rêve déjà casque vissé sur la tête. Mais un retard de croissance l’oblige à attendre ses 9 ans pour réellement débuter en compétition. Un contretemps qu’elle va rapidement effacer à coups de chronos.

À 15 ans, en 2019, elle devient championne de France féminine de karting. L’année suivante, elle participe au programme Girls on Track, initié par Michèle Mouton sous l’égide de la FIA, destiné à détecter et accompagner les jeunes talents féminins. Elle termine deuxième, derrière Maya Weug. Une rivale qu’elle retrouvera plus tard… au sommet.

Surtout, cette expérience va changer sa carrière. Repérée par Deborah Mayer, fondatrice du projet Iron Dames, Doriane est intégrée dès 2021 à cette structure unique, créée pour promouvoir les femmes dans des disciplines mixtes du sport automobile. Le début d’une ascension fulgurante.

L’endurance comme école de l’excellence

Iron Dames lui offre une opportunité rare : débuter très jeune en Endurance, une discipline exigeante où la vitesse pure ne suffit pas. En 2021, elle s’illustre en Le Mans Cup (5e en GT3), avant de frapper un grand coup en 2022 en remportant le Ferrari Challenge Europe. Neuf victoires en quatorze courses, face à des pilotes masculins souvent bien plus expérimentés. Le message est clair.

La même année, à seulement 18 ans, elle entre dans l’histoire aux 24 Heures de Spa. Avec Sarah Bovy, Michelle Gatting et Rahel Frey, elle devient membre du premier équipage 100 % féminin victorieux en catégorie GT. Une victoire fondatrice, suivie d’un succès en ELMS à Portimao, où elle impressionne par sa maîtrise sur piste mouillée, slicks chaussés.

En 2023, nouvelle marche : le Championnat du monde d’Endurance (WEC) en LMP2, au sein du prestigieux Team Prema. Elle partage le volant avec Daniil Kvyat et Mirko Bortolotti, monte sur le podium dès Sebring, participe aux 24 Heures du Mans et décroche le titre de Révélation de l’année en WEC. Une première pour une femme.

Cap sur la monoplace… et le titre

Janvier 2024 marque un tournant stratégique. Doriane Pin rejoint le Mercedes Junior Team pour disputer la F1 Academy, championnat de monoplaces réservé aux femmes, en lever de rideau des Grands Prix de F1. Des F4 de 174 ch, 240 km/h en pointe, sept week-ends, quatorze courses, et une exposition médiatique sans précédent.

Dès sa première saison, elle joue le titre face à Abbi Pulling. Si la Britannique s’impose finalement, la Française affiche un bilan solide : huit podiums, trois victoires et cinq pole positions. De quoi aborder 2025 en favorite assumée.

La saison est intense, disputée, marquée par un duel serré avec Maya Weug. Trois victoires chacune avant la finale à Las Vegas, mais un avantage psychologique et comptable pour Doriane. Elle gère la pression avec une maturité remarquable, remporte la première course, assure lors de la seconde et décroche le titre de championne F1 Academy 2025. Sans panique, sans excès. À l’intelligence de course.

Une trajectoire assumée, hors des sentiers battus

Doriane Pin ne se cache pas : elle ne suivra pas forcément la filière classique F3–F2. « On n’est pas obligé de faire comme tout le monde », assume-t-elle. Les points de Super Licence peuvent aussi s’obtenir en Endurance, notamment en Hypercar. Et son avenir immédiat semble d’ailleurs s’écrire à nouveau en WEC, avec un retour programmé aux 24 Heures du Mans, tout en conservant un pied en monoplace.

Son intégration chez Mercedes lui a déjà permis de rouler longuement sur le simulateur F1, et des essais privés en Formule 1 ne sont plus une hypothèse irréaliste. La route reste longue, exigeante, semée d’obstacles. Mais une chose est sûre : la fusée est lancée.

Et à ce rythme, Doriane Pin ne se contentera pas de briser des plafonds de verre. Elle pourrait bien, un jour, s’installer durablement au sommet.




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