Rester trop longtemps après avoir fait le plein coûtera désormais 50 centimes par minute
Il fallait bien que ça arrive. Après les frais d’inactivité pour les voitures électriques, voilà que les conducteurs thermiques sont à leur tour invités à sortir le porte-monnaie. Désormais, rester planté trop longtemps à une station-service après avoir fait le plein coûtera 50 centimes par minute. Oui, exactement comme chez Tesla. L’égalité des souffrances progresse.
Je réfute évidemment toute accusation selon laquelle cet article servirait à régler de vieux comptes personnels après avoir attendu derrière un SUV diesel pendant huit minutes pendant que son conducteur “vérifiait un truc sur son téléphone”. D’ailleurs, je ne suis même pas payé pour ce papier. Ce qui, bien sûr, n’a strictement rien à voir.
« Saviez-vous qu’un Français perd en moyenne une minute et demie de sa vie pour chaque minute passée à attendre quelqu’un qui a déjà fini son plein ? » interroge très sérieusement un employé d’une grande enseigne de stations-service bien connue des automobilistes pressés.
« Une étude interne a montré que les personnes qui traînent à la pompe sont unanimement considérées comme pénibles. Je remercie chaleureusement tous les participants à cette enquête. Notamment Michel et Patrick. Ils se reconnaîtront. »
Même tarif pour tout le monde
Selon cet employé, il était temps de rétablir une forme de justice sociale routière.
« Quand vous laissez une voiture électrique branchée alors qu’elle est déjà chargée, vous payez des frais d’occupation. Chez Tesla, c’est 50 centimes la minute. Pourquoi le conducteur thermique aurait-il le droit de squatter tranquillement une pompe après avoir payé ? Une fois le plein terminé, vous montez dans votre voiture et vous partez. Ce qui se passe ensuite ne nous regarde pas. »
Et d’ajouter, visiblement ému :
« Je n’ai aucune idée de ce que les gens font après avoir fait le plein. Ils vérifient leurs comptes bancaires ? Répondent à des messages qu’ils ignorent depuis 2019 ? Réorganisent leur boîte à gants comme s’ils allaient déménager ? Quoi qu’il en soit, qu’ils le fassent ailleurs. À partir de demain, chaque minute d’hésitation sera facturée. »
Le trio infernal de l’immobilisme
Il nous emmène sur une station-service de périphérie. Il pointe du doigt un conducteur à l’arrêt.
« Regardez-le. Il est en plein dans le trio classique : remettre le rétroviseur intérieur bien droit, fouiller le vide-poches à la recherche d’un ticket de caisse de 2021, puis relire ce même ticket comme s’il contenait le sens de la vie. »
Selon lui, cette nouvelle mesure est une nécessité absolue pour fluidifier le trafic.
« Si vous ressentez un besoin irrépressible de programmer votre GPS pour rentrer chez vous — là où vous habitez depuis quinze ans — merci de le faire sur une place de parking. Ou mieux : chez vous. »
Les thermiques aussi doivent connaître l’angoisse
Pour notre homme, il s’agit aussi d’un geste de solidarité envers les conducteurs de véhicules électriques.
« Les conducteurs d’EV vivent en permanence avec une légère boule au ventre : autonomie, borne occupée, câble trop court… Il est temps que les conducteurs essence découvrent eux aussi ce que signifie le stress moderne. »
Et de conclure, philosophe :
« Nous voulons recréer une forme de fraternité dans l’agacement. Que vous rouliez à l’électron ou au sans-plomb, une chose est sûre : s’arrêter trop longtemps, désormais, c’est payer. »
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