Sheena-Monk

Sheena Monk vise le prix Bob Akin pour s’offrir les 24 Heures du Mans 2027

Dans le paddock de Daytona, au milieu de l’effervescence des 24 Heures, Sheena Monk avance avec une détermination calme mais assumée. À 36 ans, l’Américaine ne se contente plus de participer aux grandes classiques de l’endurance nord-américaine : elle trace méthodiquement sa route vers un objectif clair, presque obsessionnel. Gagner le prix Bob Akin. Et, à travers lui, décrocher une invitation pour les 24 Heures du Mans 2027.

Au départ de l’édition 2026 des 24 Heures de Daytona, elles ne sont que deux femmes engagées : la Française Lilou Wadoux et Sheena Monk. Toutes deux évoluent en catégorie GTD, Wadoux sur la Ferrari 296 GT3 n°21 d’AF Corse USA, Monk sur la Ford Mustang GT3 n°16 du Myers Riley Motorsports. Une rareté qui en dit long sur la place encore marginale des femmes en endurance, mais aussi sur la valeur symbolique de leur présence à ce niveau.

Retour à la Mustang, avec ambition retrouvée

Après une saison 2024 disputée sur Ferrari 296 GT3 avec Triarsi Competizione, Sheena Monk a fait le choix de revenir à une Pony Car, renouant avec l’univers Ford et la Mustang GT3. Un retour qui n’a rien d’anodin. La Mustang s’est montrée compétitive lors du Roar Before the Rolex 24, laissant entrevoir un potentiel réel face à une concurrence particulièrement dense en GTD.

« L’équipe fait un super travail, tous les pilotes s’entendent parfaitement et la Mustang est rapide à l’approche du week-end », explique Monk. La priorité, désormais, est ailleurs : fiabilité, gestion du matériel et fraîcheur physique. « À ce stade, il s’agit surtout de faire le minimum de roulage nécessaire. La voiture est dans une bonne fenêtre, il faut préserver le matériel et rester propre avant d’entrer dans le vif de la course. »

Une approche mature, presque stratégique, qui correspond parfaitement à son rôle au sein de l’équipage.

Romain Grosjean, un coéquipier pas comme les autres

Pour ce week-end floridien, Sheena Monk peut aussi compter sur un renfort de poids : Romain Grosjean. L’ancien pilote de Formule 1, fort de 179 Grands Prix disputés, apporte à l’équipage une expérience rare, notamment en matière de gestion de course et de mise au point.

« C’est vraiment très cool. Avant tout, je suis aussi une fan de sport automobile. Pouvoir côtoyer quelqu’un comme lui, participer aux débriefings, écouter ses retours sur la voiture, c’est fascinant », confie Monk. « Je me sens très privilégiée de vivre ça, et maintenant de pouvoir l’appeler mon coéquipier. »

L’apport de Grosjean dépasse largement la simple performance pure. « Il a une énorme expérience dans de nombreuses disciplines. Il apporte une perspective très différente sur les choses », ajoute-t-elle. De son côté, Monk sait exactement ce qu’on attend d’elle : assurer les relais clés, notamment en début de course, préserver la voiture et permettre aux autres pilotes de disposer d’un outil performant pour la phase finale.

Des Mustang rapides… mais prudence de rigueur

Les Ford Mustang GT3 ont impressionné lors des premiers essais, au point que l’une d’elles s’est imposée en GTD Pro à Daytona en 2024. Un signal fort, mais que Monk préfère tempérer. « Je ne suis pas sûre que les autres constructeurs aient encore tout dévoilé. C’est encore un peu tôt pour tirer des conclusions », analyse-t-elle avec lucidité.

Dans une catégorie où le BoP peut rebattre les cartes à tout moment, la prudence reste de mise. L’objectif est clair : être là à l’arrivée, avec une course propre et un résultat solide.

Le prix Bob Akin comme fil conducteur

Au-delà de Daytona, c’est toute la saison IMSA qui se dessine en filigrane. Car pour Sheena Monk, chaque course compte dans la course au prix Bob Akin. Cette distinction récompense le meilleur pilote classé Bronze en IMSA et offre, à la clé, un ticket très convoité pour les 24 Heures du Mans.

Un rêve que la pilote de Pennsylvanie assume depuis plusieurs années déjà. « Mon objectif est d’être dans les meilleurs en IMSA et d’aller aux 24 Heures du Mans », confiait-elle dès 2023, déjà à Daytona. Aujourd’hui, ce rêve prend une forme plus concrète.

« J’espère vraiment que ce programme deviendra un engagement à l’année et que nous nous battrons pour le prix Bob Akin. Si c’est le cas, cela pourrait nous ouvrir les portes du Mans en 2027 », explique-t-elle. Pour l’instant, Monk est confirmée sur les manches de l’Endurance Cup uniquement, mais les discussions sont en cours pour transformer l’essai en programme complet.

Une trajectoire qui s’inscrit dans la durée

La tâche ne sera pas simple. Face à elle, plusieurs pilotes Bronze sont déjà engagés sur une saison complète, avec des structures solides et une régularité redoutable. Mais Sheena Monk avance avec une méthode claire, une équipe compétitive et une motivation intacte.

À Daytona, la première pierre est posée. Un bon résultat renforcerait sa crédibilité sportive et son dossier en vue d’un programme élargi. Plus qu’une simple participation à une grande course, la Mustang n°16 devient le vecteur d’une ambition bien plus vaste : celle de voir, en 2027, Sheena Monk prendre le départ des 24 Heures du Mans, au terme d’un parcours construit avec patience, constance et détermination.




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