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Simone Zanoni : quand la 911 GT3 RS devient l’échappée d’un chef étoilé

Dans la lumière feutrée des cuisines étoilées comme sur l’asphalte brûlant d’un circuit, Simone Zanoni cultive une même obsession : la précision. Celle du geste, du timing, de l’intensité. Chef reconnu et passionné d’automobile, il incarne une forme rare de dualité entre gastronomie d’excellence et pilotage pur. Son exutoire ? Une machine tout aussi radicale que ses assiettes : la Porsche 911 GT3 RS.

De la terre lombarde à l’excellence parisienne

L’histoire de Simone Zanoni commence loin des circuits, dans une ferme de Lombardie. Un ancrage rural qui façonne très tôt son rapport à la matière, au produit brut, à l’authenticité. Sa grand-mère lui transmet les fondamentaux d’une cuisine sincère, respectueuse des saisons et du vivant.

Ce socle l’accompagnera tout au long de son parcours, des cuisines prestigieuses de Restaurant Gordon Ramsay – triple étoilé – jusqu’à Paris, où il prend en 2016 les rênes du Le George. En à peine un an, il y décroche une étoile Michelin, imposant une signature culinaire à la fois moderne et profondément enracinée.

Dans une démarche presque militante, il crée en parallèle un potager de 3 000 m² à Versailles. Un retour aux sources assumé, en résonance directe avec son enfance italienne.

La 911 comme exutoire mécanique

Mais derrière le chef se cache un autre visage, plus inattendu. Celui d’un homme attiré par la vitesse, la rigueur et l’adrénaline. Une passion née très tôt, au contact des courses de côte dans sa région natale.

Quand le rythme effréné des cuisines devient trop intense, Zanoni se tourne vers le circuit. Là, au volant de sa 911 GT3 RS, il retrouve un équilibre. « Je ne m’arrête jamais », confie-t-il. Une philosophie qui trouve un écho évident dans l’ADN même de la 911.

En trois mots, il résume la sportive allemande : intemporelle, précise, émotionnelle. Trois qualificatifs qui pourraient tout aussi bien décrire sa cuisine.

L’exigence comme ligne de conduite

Ce qui frappe dans le discours de Simone Zanoni, c’est la cohérence entre ses deux univers. En cuisine comme au volant, tout est affaire de discipline et de respect.

« Je ne conduirais jamais une 911 sans respect. C’est une culture d’ingénierie. » Une déclaration qui en dit long sur sa vision de l’automobile. Loin d’un simple objet de plaisir, la 911 est pour lui un symbole, presque une philosophie.

Sur circuit, il recherche ce que la cuisine ne peut lui offrir : une forme de silence mental. Pourtant, même là, l’esprit ne s’arrête jamais complètement. « Ce qui peut me distraire ? De nouvelles idées de plats. »

Le goût du détail, partout

Dans cet entretien, chaque réponse révèle une personnalité construite autour du détail. Ses plaisirs simples ? Un espresso parfait, un footing au coucher du soleil, du pain frais avec de l’huile d’olive. Une esthétique de la simplicité qui contraste avec l’extrême sophistication de son quotidien.

Même dans une projection fictive – une île déserte – ses priorités restent inchangées : un couteau, une poêle… et le son d’un moteur Porsche. Comme si la mécanique faisait désormais partie intégrante de son équilibre.

Entre héritage et admiration

Parmi les figures qui l’inspirent, un nom s’impose : Enzo Ferrari. Un choix révélateur. Comme le fondateur de la marque au cheval cabré, Zanoni partage cette capacité à transformer une passion en quête absolue d’excellence.

Côté culture automobile, son imaginaire est nourri par le film Le Mans, véritable ode à l’endurance et à la concentration. Une référence presque évidente pour un homme qui vit chaque service comme une course.

L’instant 911

Interrogé sur son moment le plus marquant au volant, sa réponse est immédiate : son premier tour de piste en 911 GT3 RS. Une expérience fondatrice, presque initiatique.

Il évoque aussi son attachement à certaines routes mythiques, comme le col du Tonale en Italie, terrain de jeu idéal pour une machine aussi affûtée.

Fait intéressant, dans une époque où la digitalisation envahit l’automobile, Zanoni confesse qu’il pourrait se passer des écrans. En revanche, impossible pour lui d’imaginer une 911 sans mouvement, sans dynamique, sans action. L’immobilité lui est insupportable.

Une vie pensée comme une stratégie de course

Peut-être la clé de compréhension de Simone Zanoni réside-t-elle dans cette phrase : « Je considère ma vie comme une stratégie de course. » Gestion de l’énergie, prise de risque, moments de relâchement… tout est calibré.

Cette approche systémique, presque analytique, explique sans doute sa réussite dans deux univers où l’erreur ne pardonne pas.

Son conseil ? « Toujours tout donner. Go big or go home. » Une devise qui résonne autant dans les cuisines d’un palace parisien que dans les paddocks d’un circuit.

L’automobile comme extension de soi

Au fond, cette rencontre avec Simone Zanoni illustre parfaitement ce que l’automobile peut représenter pour certains : bien plus qu’un objet, une extension de leur personnalité.

Entre un couteau de chef et un casque de pilote, il n’y a finalement qu’un pas. Celui qui relie la précision du geste à celle de la trajectoire.

Et dans les deux cas, une seule obsession : atteindre la perfection.




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