Sandy Myhre raconte sa vie d’automobile dans un livre qui interroge encore la place des femmes dans le secteur
Lorsqu’on évoque les femmes qui ont marqué l’industrie automobile contemporaine, certains noms viennent immédiatement à l’esprit. Pourtant, dans le monde du journalisme automobile, peu de personnalités ont eu autant d’influence que Sandy Myhre.
La fondatrice du jury international Women’s Worldwide Car of the Year (WWCOTY) vient de publier un nouvel ouvrage intitulé One Lady Owner – Memoirs of a Motoring Madam. Un livre qui ressemble autant à des mémoires qu’à une réflexion sur l’automobile, le sport automobile et la place qu’y occupent les femmes.
Pour les lectrices et lecteurs d’En Voiture Carine, le nom de Sandy Myhre n’est évidemment pas inconnu. Sans elle, le WWCOTY, dont nous relayons régulièrement les distinctions, n’existerait probablement pas sous sa forme actuelle.
Plus qu’une autobiographie
À première vue, One Lady Owner pourrait passer pour le récit classique d’une carrière consacrée à l’automobile.
Mais l’ouvrage semble aller beaucoup plus loin.
Sandy Myhre y retrace son parcours de journaliste automobile et de spécialiste du sport automobile, tout en abordant des sujets qui continuent d’alimenter les débats dans l’industrie.
Pourquoi les femmes sont-elles encore minoritaires dans le sport automobile ? Pourquoi l’achat d’une voiture reste-t-il souvent perçu comme une décision nécessitant l’avis d’un homme ? Comment les constructeurs communiquent-ils auprès des clientes ? Pourquoi les métiers techniques de l’automobile demeurent-ils encore majoritairement masculins ?
Autant de questions qui traversent le livre et qui restent d’une étonnante actualité.
Une pionnière du journalisme automobile
Aujourd’hui, la présence des femmes dans les médias automobiles paraît plus naturelle qu’il y a vingt ou trente ans. Pourtant, lorsque Sandy Myhre débute sa carrière, le paysage est très différent.
Le journalisme automobile est alors presque exclusivement masculin. Les essais routiers, les compétitions et les présentations de nouveaux modèles sont principalement couverts par des hommes.
Au fil des décennies, elle va progressivement s’imposer comme l’une des voix les plus respectées du secteur, avant de créer le Women’s Worldwide Car of the Year.
L’objectif n’était pas de constituer un jury réservé aux femmes par opposition aux hommes, mais d’apporter un regard complémentaire sur l’automobile.
Une démarche qui a largement contribué à faire évoluer les mentalités dans un secteur parfois accusé de parler davantage aux passionnés qu’à l’ensemble des automobilistes.
Une histoire d’émancipation
Ce qui ressort particulièrement de la présentation du livre, c’est la façon dont l’autrice elle-même définit son ouvrage.
« Le livre est devenu une histoire d’émancipation pour les femmes et l’automobile, ainsi que pour les femmes dans le sport automobile », explique-t-elle.
Une évolution qui semble s’être imposée naturellement au fil de l’écriture.
Car lorsqu’on observe l’histoire de l’automobile, on découvre que les femmes ont toujours été présentes. Pilotes, ingénieures, mécaniciennes, designers, dirigeantes ou journalistes : elles ont participé à l’aventure automobile depuis la fin du XIXe siècle.
Pourtant, leur contribution reste souvent moins connue que celle de leurs homologues masculins.
Le livre entend justement remettre en lumière certaines de ces pionnières.
Une réflexion qui dépasse la question du genre
Réduire One Lady Owner à un simple ouvrage militant serait toutefois une erreur.
L’autrice aborde également des sujets très concrets qui concernent tous les automobilistes : les meilleures périodes pour acheter ou vendre une voiture, l’évolution des véhicules électriques, les carburants alternatifs ou encore les mutations actuelles de l’industrie.
Elle s’intéresse aussi à l’évolution du design automobile, à la publicité et à la manière dont les constructeurs façonnent leur image auprès du grand public.
Le tout avec l’humour qui a contribué à sa réputation dans le milieu automobile international.
Une lecture qui résonne particulièrement aujourd’hui
La sortie de ce livre intervient à un moment où l’automobile connaît une transformation profonde.
L’électrification, les nouvelles mobilités et l’évolution des usages obligent les constructeurs à repenser leurs produits et leur communication. Dans le même temps, la féminisation progressive des métiers de l’automobile et du sport automobile se poursuit, même si le chemin reste encore long.
Dans ce contexte, le témoignage de Sandy Myhre prend une dimension particulière.
À travers son expérience personnelle, c’est aussi une partie de l’histoire moderne de l’automobile qui se raconte. Une histoire dans laquelle les femmes n’ont jamais été de simples passagères, mais bien des actrices à part entière.
Et c’est probablement ce qui rend One Lady Owner intéressant bien au-delà du cercle des passionnés d’automobile : il raconte autant l’évolution d’une industrie que celle de la société qui l’entoure.
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