Cette Honda cachait un scooter dans son coffre : l’idée géniale qui avait 40 ans d’avance
Aujourd’hui, les constructeurs automobiles parlent de « mobilité multimodale », de « dernier kilomètre » et de solutions permettant de combiner plusieurs moyens de transport au cours d’un même trajet. Les présentations PowerPoint des grands groupes automobiles regorgent de ces expressions à la mode.
Pourtant, dès 1981, Honda avait déjà trouvé une solution.
Et elle tenait dans le coffre d’une citadine.
Bienvenue dans le monde du Honda Motocompo, probablement l’une des options automobiles les plus étonnantes jamais proposées sur une voiture de série.
Un scooter conçu pour vivre dans une voiture
L’idée paraît presque absurde lorsqu’on la découvre aujourd’hui.
Honda développe au début des années 1980 une petite citadine baptisée City. Destinée principalement au marché japonais, elle doit répondre aux contraintes de circulation et de stationnement des grandes métropoles du pays.
Les ingénieurs imaginent alors un concept inédit : proposer un scooter spécialement conçu pour être transporté dans le coffre de la voiture.
C’est ainsi qu’est né le Motocompo.
Ce petit deux-roues de seulement 45 kg pouvait se replier en quelques secondes. Son guidon, sa selle et ses repose-pieds disparaissaient dans sa carrosserie rectangulaire, lui donnant l’apparence d’une simple valise motorisée.
Une fois plié, le scooter mesurait à peine plus d’un mètre de long et trouvait parfaitement sa place dans le coffre de la Honda City.
La solution au problème du « dernier kilomètre »
L’objectif était simple.
L’automobiliste pouvait conduire jusqu’à la périphérie d’une ville encombrée, stationner sa voiture puis terminer son trajet en scooter.
Quarante-cinq ans plus tard, ce principe est devenu l’un des piliers des stratégies de mobilité urbaine. Trottinettes électriques, vélos pliants, autopartage et transports multimodaux reposent tous sur cette même logique.
Honda l’avait simplement imaginé plusieurs décennies avant tout le monde.
À l’époque, le constructeur japonais présentait même le duo City-Motocompo comme un véritable écosystème de déplacement.
Aujourd’hui, les services marketing appelleraient cela une « solution de mobilité intégrée ».
Une mécanique typiquement années 1980
Sous ses allures de gadget futuriste, le Motocompo restait un authentique scooter des années 1980.
Il était propulsé par un monocylindre deux-temps de 49 cm³ développant environ 2,5 chevaux.
La vitesse maximale dépassait légèrement les 30 km/h, ce qui était largement suffisant pour les déplacements urbains auxquels il était destiné.
En revanche, comme la plupart des moteurs deux-temps de son époque, il rejetait un panache de fumée bleutée dont les automobilistes de la génération X se souviennent encore parfaitement.
À l’heure des véhicules électriques et des zones à faibles émissions, cette caractéristique lui donne aujourd’hui un charme délicieusement rétro.
Un échec commercial devenu objet culte
Malgré son concept innovant, le succès commercial ne fut pas au rendez-vous.
Honda espérait vendre des dizaines de milliers d’exemplaires chaque année. La réalité fut plus modeste.
La production du Motocompo s’arrête dès 1983, après seulement deux années de commercialisation.
Plusieurs raisons expliquent cet échec. Le scooter restait relativement cher pour un accessoire automobile. Beaucoup d’acheteurs de la Honda City ne ressentaient pas le besoin d’un deuxième moyen de transport. Enfin, le concept était probablement trop en avance sur son temps.
Car c’est souvent le destin des innovations les plus audacieuses : elles arrivent avant que le marché ne soit prêt à les adopter.
Le Motocompo inspire encore Honda
Comme beaucoup d’échecs devenus cultes, le Motocompo bénéficie aujourd’hui d’une seconde vie.
Les exemplaires survivants sont très recherchés par les collectionneurs japonais et les amateurs de culture automobile des années 1980. Certains atteignent désormais des valeurs bien supérieures à leur prix d’origine.
Honda lui-même n’a jamais totalement oublié son drôle de scooter.
En 2023, le constructeur a présenté le Motocompacto, un équivalent moderne entièrement électrique reprenant le même principe de véhicule pliant ultra-compact.
La preuve que certaines idées ne meurent jamais vraiment.
Une option qui résume parfaitement l’esprit japonais
Ce qui rend le Motocompo si fascinant aujourd’hui, ce n’est pas seulement son originalité.
C’est le fait qu’il répondait à un véritable problème avec une solution simple, ingénieuse et incroyablement japonaise dans son approche. Compact, pratique, astucieux et techniquement élégant.
À une époque où les constructeurs rivalisent d’écrans géants et de logiciels sophistiqués, il est rafraîchissant de se souvenir qu’une des options les plus géniales de l’histoire automobile n’était ni connectée, ni numérique.
C’était simplement un scooter caché dans un coffre.
Et quarante ans plus tard, l’idée reste tout aussi brillante.
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