jeep-avenger-4xe

Essai Jeep Avenger 4xe : et si le plus grand voyage commençait à 20 kilomètres de chez vous ?

l est 18 h 27.

Comme tous les vendredis, Antoine ferme son ordinateur portable en promettant qu’il ne rouvrira pas Outlook avant lundi. Cette promesse tient généralement jusqu’à 20 h 14, précisément au moment où son téléphone vibre avec un mail marqué « Urgent ».

Mais aujourd’hui, il résiste.

Dans le coffre, il y a déjà deux sacs de randonnée, un appareil photo acheté pour immortaliser les vacances — qui sert surtout à photographier le chien — et une glacière contenant davantage de fromage que de boissons.

Sa femme lui demande :

— Tu sais où on va ?

Il répond :

— Pas vraiment.

Et c’est exactement pour cette raison qu’il a acheté une Jeep.

Pas parce qu’il traverse des rivières tous les week-ends.

Pas parce qu’il grimpe des pierriers à 35 degrés.

Encore moins parce qu’il participe au Camel Trophy.

Non.

Il aime simplement savoir qu’il pourrait le faire.

C’est une nuance. Mais chez Jeep, cette nuance existe depuis plus de quatre-vingts ans.

Nous avons tous un petit aventurier… très occupé

Il existe deux catégories de propriétaires de SUV.

Les premiers choisissent une voiture haute parce qu’elle rassure devant l’école.

Les seconds achètent une Jeep parce qu’ils aiment l’idée que, si une petite route devient soudain un chemin de terre, personne n’aura besoin de faire demi-tour.

Ils ne cherchent pas l’aventure permanente.

Ils cherchent la liberté de ne pas avoir à réfléchir.

L’Avenger 4xe a été pensée exactement pour eux.

Pas comme une voiture de raid.

Comme un couteau suisse roulant.

Une Jeep qui n’a pas oublié qu’elle était une Jeep

Lorsque l’Avenger est arrivée il y a deux ans, elle avait déjà quelque chose d’attachant.

Compacte avec ses 4,08 mètres, facile à garer, bien dessinée, elle ressemblait à une Jeep que l’on aurait passée au cycle délicat de la machine à laver. Tout y était, mais en format réduit.

Cette nouvelle génération va un peu plus loin.

La face avant devient plus expressive, la célèbre calandre à sept fentes est désormais illuminée sur certaines versions, les projecteurs Matrix LED font leur apparition et l’intérieur gagne en qualité avec davantage de matériaux moussés et une présentation plus soignée.

Mais la vraie nouveauté est ailleurs.

Il y a désormais une version 4xe.

Et là, les ingénieurs Jeep se sont posé une question plutôt maligne.

Comment fabriquer un vrai petit 4×4… sans fabriquer un gros 4×4 ?

Deux moteurs électriques valent parfois mieux qu’un arbre de transmission

Sous le capot se cache le trois-cylindres essence 1.2 turbo de 136 ch, épaulé par deux moteurs électriques de 21 kW : l’un intégré à la boîte automatique à double embrayage, l’autre installé directement sur le train arrière. Ensemble, ils développent 145 ch et offrent une transmission intégrale électrifiée, sans liaison mécanique classique entre les deux essieux.

Dit comme ça, c’est très technique.

En pratique ?

C’est incroyablement transparent.

Sur une route détrempée, dans une montée en gravillons ou sur une piste forestière, l’Avenger continue simplement d’avancer.

Sans drame.

Sans grands effets.

Comme si elle trouvait tout cela parfaitement normal.

Le système peut envoyer du couple aux quatre roues en permanence selon le mode choisi, tandis que le moteur électrique arrière bénéficie d’un réducteur capable de délivrer jusqu’à 1 900 Nm aux roues arrière dans les passages les plus difficiles.

Vous n’utiliserez probablement jamais cette capacité.

Et c’est précisément ce qui la rend rassurante.

C’est un peu comme une roue de secours.

On préfère rentrer sans s’en servir.

Le meilleur moment de l’essai

Il n’a pas eu lieu sur une piste.

Ni sur un col.

Encore moins sur un terrain de franchissement.

Il s’est produit lorsqu’un GPS nous a proposé un raccourci.

Tu connais ces moments où l’écran affiche une petite route qui devient progressivement plus claire, puis plus fine, puis carrément marron ?

Normalement, on hésite.

Avec une citadine, on fait demi-tour.

Avec l’Avenger 4xe, on hausse simplement les épaules.

« On verra bien. »

C’est probablement ça, la plus grande qualité de cette voiture.

Elle donne confiance.

Pas parce qu’elle est spectaculaire.

Parce qu’elle est décontractée.

Une Jeep… qui reste agréable au quotidien

Le piège aurait été de transformer l’Avenger en petit franchisseur pataud.

Heureusement, Jeep ne l’a pas fait.

Sur route, la suspension multibras spécifique à l’arrière améliore le confort, tandis que la transmission hybride reste discrète. Les performances sont honnêtes avec un 0 à 100 km/h réalisé en 9,5 secondes et une consommation annoncée comprise entre 5,3 et 5,4 l/100 km.

L’intérieur conserve ce qui faisait déjà le charme de l’Avenger : de nombreux rangements, une instrumentation numérique de 10,25 pouces, un écran central de même taille et des équipements modernes comme la caméra à 360°, le régulateur adaptatif ou encore le système Selec-Terrain.

Bref, Antoine retrouvera son parking souterrain dès lundi matin.

Et l’Avenger ne lui donnera jamais l’impression d’avoir acheté une voiture de week-end.

Finalement, qui achète une Jeep Avenger 4xe ?

Pas quelqu’un qui rêve de traverser l’Amazonie.

Quelqu’un qui aime les cartes IGN.

Qui ralentit lorsqu’il aperçoit un chemin.

Qui prend parfois une sortie d’autoroute juste parce que le panneau indique un lac qu’il ne connaît pas.

Quelqu’un qui trouve qu’une randonnée improvisée vaut mieux qu’un centre commercial.

Et qui considère qu’une voiture devrait ouvrir des possibilités plutôt que simplement relier un point A à un point B.

L’Avenger 4xe ne promet pas de changer votre vie.

En revanche, elle risque de modifier votre manière de choisir vos itinéraires.

Et parfois, c’est exactement comme cela que commencent les meilleures histoires.




Il n'y a aucun commentaire

Ajoutez le vôtre