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Pourquoi a-t-on le mal des transports ? La science commence enfin à comprendre son origine

Voiture, autocar, bateau ou même véhicule électrique particulièrement silencieux… Pour certaines personnes, quelques kilomètres suffisent à provoquer des nausées, des vertiges ou une sensation de malaise. Le mal des transports touche des millions d’automobilistes et de passagers, mais son origine est longtemps restée imparfaitement comprise.

Une découverte scientifique récente pourrait toutefois ouvrir la voie à de nouveaux traitements, bien plus ciblés que les médicaments actuellement disponibles.

Un conflit entre les informations envoyées au cerveau

Le mal des transports apparaît lorsque le cerveau reçoit des informations contradictoires sur les mouvements du corps.

En voiture, par exemple, vos yeux peuvent être fixés sur un smartphone ou un livre, laissant croire au cerveau que vous êtes immobile. Pourtant, votre oreille interne, véritable centrale de l’équilibre, détecte les accélérations, les freinages et les virages. Les muscles et les articulations transmettent également leurs propres informations sur la position du corps.

Résultat : le cerveau peine à interpréter ces signaux qui ne concordent pas. C’est ce que les chercheurs appellent le conflit sensoriel, aujourd’hui considéré comme la principale explication du mal des transports.

Pourquoi certaines personnes sont-elles plus sensibles ?

Tout le monde n’est pas égal face au phénomène.

Les enfants âgés de 2 à 12 ans sont particulièrement concernés, tout comme de nombreuses femmes, notamment pendant la grossesse. La fatigue, le stress, la chaleur ou encore la lecture pendant un trajet peuvent également augmenter le risque d’apparition des symptômes.

À l’inverse, le conducteur souffre rarement du mal des transports. La raison est simple : il anticipe les mouvements de son véhicule et son cerveau dispose d’informations cohérentes entre ce qu’il voit et ce qu’il ressent.

Une découverte majeure en 2023

En 2023, une équipe internationale de chercheurs a identifié un groupe spécifique de neurones situé dans les noyaux vestibulaires, une région du tronc cérébral qui joue un rôle essentiel dans l’équilibre.

Leurs travaux, réalisés chez la souris, ont montré que l’inhibition de ces neurones empêchait l’apparition des symptômes provoqués par des mouvements de rotation. Les animaux ne présentaient plus les réactions habituellement observées lors du mal des transports.

Cette découverte constitue une avancée importante, car elle identifie pour la première fois un circuit neuronal directement impliqué dans ce phénomène. Elle ouvre ainsi la voie au développement de traitements capables d’agir précisément sur les mécanismes responsables des nausées, plutôt que de simplement atténuer leurs effets.

Les voitures modernes changent-elles la donne ?

L’évolution de l’automobile soulève de nouvelles questions.

Les véhicules électriques offrent une accélération très linéaire, souvent plus marquée qu’avec un moteur thermique, tandis que leur silence rend les mouvements moins perceptibles. Par ailleurs, les écrans embarqués invitent davantage les passagers à lire, travailler ou regarder des vidéos pendant les trajets.

Or, fixer un écran accentue le conflit entre les informations visuelles et celles envoyées par l’oreille interne. Les ingénieurs travaillent donc déjà sur différentes solutions pour limiter ces désagréments : affichages tête haute destinés aux passagers, éclairages dynamiques, sièges actifs ou encore systèmes capables d’anticiper les mouvements du véhicule.

Avec l’arrivée progressive de la conduite autonome, cette problématique devient même stratégique. Les occupants seront de plus en plus tentés de lire, travailler ou se divertir pendant leurs déplacements, augmentant potentiellement la fréquence du mal des transports.

Comment limiter le mal des transports ?

En attendant l’arrivée de nouveaux traitements, quelques gestes simples permettent souvent de réduire les symptômes :

  • regarder loin devant soi plutôt que son téléphone ;
  • choisir la place avant en voiture ;
  • éviter de lire pendant le trajet ;
  • maintenir une bonne aération dans l’habitacle ;
  • éviter les repas trop copieux avant le départ ;
  • faire des pauses régulières lors des longs trajets.

Pour les personnes les plus sensibles, certains médicaments ou bracelets d’acupression peuvent également apporter un soulagement, même si leur efficacité varie selon les individus.

Un enjeu pour la voiture de demain

Longtemps considéré comme une simple gêne, le mal des transports devient aujourd’hui un véritable sujet de recherche pour les neuroscientifiques comme pour les constructeurs automobiles.

À mesure que les véhicules gagnent en automatisation et que les passagers consacrent davantage de temps à leurs écrans, comprendre précisément les mécanismes cérébraux responsables des nausées pourrait devenir un enjeu majeur de confort… mais aussi d’acceptation des futures voitures autonomes.




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