Dans un VTC parisien, j’ai trouvé la meilleure défense des voitures chinoises
Sous la pluie du Marais, hier, une rencontre qui change tout sur les chinoises.
Cet après-midi-là, Paris pleurait. Vous voyez le genre ? Cette pluie fine qui transforme les fins d’après-midi de février en film noir et votre brushing en désastre national. J’avais rendez-vous à 17h côté Cité Internationale, le genre qui ne se reporte pas, alors j’ai commandé un VTC.
Et là, surprise.
Une femme au volant. Ça commence bien. Elle s’appelle Sarah (prénom modifié), la petite trentaine, sourire franc, et surtout : elle conduit une MG Marvel R. Noire, élégante, silencieuse. Une chinoise.
La coïncidence qui tombe à pic.
Deux jours plus tôt, j’avais vu cette couverture de L’Automobile Magazine sur les chinoises. « Risque ou opportunité ? » La question qui divise. Le matin même, j’avais discuté avec des spécialistes du secteur automobile, et on me sortait encore ces statistiques sur XPeng : acheteurs ultra-masculins.
Le paradoxe total. Parce que justement, les chinoises, c’est le rêve : tous les petits gadgets en série, les finitions incluses, pas d’options à rallonge à payer en supplément. Bref, pour nous, le top.

Et pourtant ? Ce sont les hommes qui achètent massivement.
Et là, je me retrouve assise dans une Marvel R conduite par Sarah. L’anomalie vivante.
Vingt minutes de trajet. Vingt minutes de conversation entre femmes qui changent tout.
2022 : le calcul qui change tout
Sarah me raconte. Sortie de Covid. Les pompes à essence prises d’assaut à cause des grèves. Sa voiture qui commence à fatiguer.
« J’ai hésité. Garder ma voiture actuelle ou profiter des dernières offres gouvernementales avant qu’elles disparaissent. J’ai fait mes comptes. Avec mon activité VTC, 200 à 300 km par jour, ça devenait rentable. »
Elle a sauté le pas. MG Marvel R. Six mois d’attente.
La question que je lui pose
« Mais attends, c’est parce que tu fais ces kilomètres que t’as pris un SUV, non ? Si t’avais cherché une citadine à l’époque, tu aurais pris quoi ? Est-ce qu’il te fallait vraiment une automatique ? »
Sarah réfléchit. « Bonne question. En 2022, une citadine électrique… La Fiat 500 sortait tout juste en électrique, et honnêtement ? Pour une citadine, je me serais peut-être contentée d’une manuelle. L’automatique, c’est vraiment parce que je passe ma vie dans les bouchons parisiens. »
Elle marque une pause.
« Mais tu vois, même en citadine, j’aurais regardé les chinoises. Parce qu’à budget équivalent, tout est inclus. Les gadgets, les finitions, les aides au stationnement, la connectivité… Chez les autres, tu paies tout en option. Chez les chinoises, c’est en série. »
Février 2026 : le verdict du terrain
Je lui demande : « Et quatre ans après, le bilan ? »
Son sourire dit tout. « Dernier contrôle ? Pile de la clé et une bricole d’entretien. C’est tout. Elle roule comme au premier jour. »
Quatre ans de VTC. D’embouteillages. De kilomètres réels. Zéro regret.
Le paradoxe qui me hante
Le matin même, en discutant avec les spécialistes de XPeng, je leur disais exactement ça : les chinoises, c’est fait pour nous. Les petits gadgets pratiques, les finitions en série et pas en option à 500€ pièce, le rapport qualité-prix transparent.
Leur réponse ? « Oui, mais ce sont les hommes qui achètent en majorité. »
Le paradoxe total.
Sarah a exactement compris ça : « Les chinoises, elles ont tout ce qui devrait nous plaire. Tout inclus, pas de mauvaise surprise au moment de signer. Mais peut-être qu’on ne nous les montre pas comme ça. Peut-être qu’on pense encore qu’une femme va craquer sur une Fiat 500 pastel plutôt que sur une voiture avec un vrai rapport qualité-prix. »
Le vrai risque
En descendant de cette Marvel R sous la pluie du Marais, j’avais ma réponse à la question de L’Automobile Magazine. « Risque ou opportunité ? »
Pour Sarah, c’était une opportunité. Calculée, assumée, validée par quatre ans sur le terrain.
Mais le vrai risque, il est ailleurs.
Le vrai risque, c’est que les constructeurs chinois ont créé exactement ce qui devrait nous séduire – et qu’on rate le coche parce qu’on ne nous les présente pas.
Le vrai risque, c’est de laisser les hommes profiter de ces voitures avec tout inclus pendant qu’on continue à nous vendre du « mignon » avec options payantes.
Le vrai risque, c’est qu’on fabrique des voitures POUR nous sans nous les montrer.
Les chinoises ne sont pas un risque. Elles sont l’opportunité de prouver qu’on sait reconnaître un bon deal quand on en voit un. À condition qu’on daigne nous le montrer.
Et vous ?
Vous conduisez quoi ? Vous avez regardé les chinoises ? Ou on ne vous les a même pas proposées ?
Racontez-moi. J’adore ces histoires-là.
Vanessa
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