Dragster, nitrométhane et détermination : Jasmine Salinas prouve que les femmes ont toute leur place en Top Fuel
Pendant longtemps, le dragster est resté enfermé dans une imagerie très masculine : moteurs au nitrométhane déchaînés, accélérations capables de décrocher la rétine et pilotes bardés de sponsors, souvent héritiers de grandes dynasties. Pourtant, sur les pistes américaines, les femmes sont là, bien présentes, compétitives, crédibles. Et Jasmine Salinas en est aujourd’hui l’un des visages les plus emblématiques.
À 30 ans à peine, la pilote californienne s’apprête à effectuer son retour en Top Fuel, la catégorie reine du dragster, avec un programme mêlant NHRA et IHRA. Un come-back construit à la force du poignet, loin des budgets illimités, mais porté par une détermination qui force le respect.
Une carrière mise en pause… pour mieux repartir
La saison 2025 aurait pu être celle de la confirmation. Jasmine Salinas pointait dans le top 5 du championnat NHRA lors de sa deuxième année complète en Top Fuel. Mais à mi-saison, la réalité financière rattrape l’équipe familiale Scrappers Racing. Faute de budget suffisant, la pilote décide de lever le pied, de se recentrer et surtout… de reconstruire.
Une décision difficile, mais lucide. « Couper la saison plus tôt a été très dur, mais j’ai énormément appris », explique-t-elle. Car en Top Fuel, piloter n’est que la partie visible de l’iceberg. Trouver des partenaires, gérer une équipe, assurer la logistique d’un dragster de plus de 11 000 chevaux : voilà le vrai travail.
Le Top Fuel comme récompense, pas comme métier
La phrase est devenue virale dans le milieu :
« Driving a Top Fuel dragster isn’t the job. Driving a Top Fuel dragster is the reward. »
Tout est dit. Jasmine Salinas incarne cette génération de pilotes – et plus encore de pilotes féminines – qui doivent redoubler d’efforts pour exister dans un environnement ultra-concurrentiel. Son retour en 2026 repose sur un programme ciblé : au moins dix manches du NHRA Mission Foods Drag Racing Series, complétées par quelques apparitions en IHRA afin de maximiser le temps de roulage.
Une équipe solide, une légitimité incontestable
Pour encadrer ce retour, Salinas n’a pas lésiné sur les compétences. Le vétéran Todd Okuhara, référence absolue du dragster américain, prend les commandes techniques de l’équipe en tant que crew chief. À ses côtés, Adem Cave (assistant crew chief) et Cole Fergen (car chief) complètent un organigramme digne des plus grandes structures.
« Cette équipe est très sérieuse. J’ai déjà travaillé avec des crew chiefs de très haut niveau, mais pouvoir collaborer avec Todd Okuhara est une opportunité incroyable », confie la pilote. Un message clair : Jasmine Salinas n’est pas là pour faire de la figuration.
Sponsors, héritage et transmission
Si Scrappers Racing reste une structure familiale, elle s’appuie sur des partenaires historiques comme Valley Services, Pleasanton Ready Mix, Adams Pools ou encore Red Line Oil, déjà présents à l’époque où Mike Salinas, le père de Jasmine, faisait rugir son dragster Top Fuel.
Cet héritage n’est pas un passe-droit, mais une responsabilité supplémentaire. Dans un univers où chaque millième de seconde compte, la crédibilité se gagne au feu vert, pas sur le nom inscrit sur la carrosserie.
Les femmes, toujours plus visibles en dragster
Le cas Jasmine Salinas dépasse largement sa trajectoire personnelle. Il illustre une tendance de fond : les femmes prennent une place croissante dans le drag racing, y compris dans ses catégories les plus extrêmes. Contrairement à d’autres disciplines du sport auto, le dragster ne distingue ni genre, ni gabarit : seule compte la capacité à maîtriser une machine capable d’atteindre plus de 500 km/h en moins de quatre secondes.
Dans ce contexte, voir une femme s’imposer en Top Fuel n’est plus une anomalie, mais une évolution logique.
Objectif : une première victoire
La suite est claire : accumuler du temps de piste, convaincre de nouveaux partenaires et décrocher cette première victoire en Top Fuel qui validerait définitivement son statut. « Je suis vraiment affamée de cette première victoire. Chaque run compte », résume Salinas, lucide mais résolument tournée vers l’avenir.
Sur les pistes de Gainesville dès le mois de mars, Jasmine Salinas ne représentera pas seulement Scrappers Racing. Elle portera aussi un message fort : oui, les femmes font du dragster. Et oui, elles peuvent viser le sommet.
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