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Pourquoi les voleurs s’en prennent-ils soudainement au logo de votre voiture ?

Et c’est beaucoup moins anodin qu’il n’y paraît

À première vue, découvrir sa voiture privée de son logo peut prêter à sourire. Après tout, ce n’est « qu’un badge ». Mais derrière ces vols en apparence mineurs se cache une tendance bien plus préoccupante, liée à l’explosion des technologies embarquées dans les voitures modernes.

Les capteurs ADAS, nouvelle cible des voleurs

Longtemps, les voleurs se sont concentrés sur les pots catalytiques, riches en métaux précieux. Puis sont venus les phares à LED, les rétroviseurs extérieurs ou encore les jantes. Désormais, une nouvelle pièce attire toutes les convoitises : les capteurs ADAS (Advanced Driver Assistance Systems).

Ces capteurs sont au cœur des aides à la conduite devenues obligatoires en Europe : freinage d’urgence autonome, régulateur de vitesse adaptatif, surveillance des angles morts ou maintien dans la voie. Depuis l’entrée en vigueur des dernières réglementations européennes, toutes les voitures neuves vendues en France en sont équipées.

Le problème ? Ces capteurs coûtent extrêmement cher, surtout lorsqu’ils sont associés à une phase de recalibrage après remplacement. Résultat : ils sont devenus une marchandise très recherchée sur le marché parallèle de la pièce détachée.

Pourquoi le logo disparaît-il ?

Sur de nombreux modèles récents, le capteur radar avant est dissimulé derrière le logo de la marque, généralement au centre de la calandre. C’est le cas chez des constructeurs comme Mazda, Honda ou Hyundai.

Pour accéder au capteur, les voleurs doivent donc retirer le logo. Pressés par le temps – et rarement soucieux de discrétion – ils repartent avec le radar… en laissant la voiture « débadgée ». Le logo, souvent clipsé ou collé, n’est tout simplement pas remis en place.

À l’inverse, certaines marques intègrent leurs capteurs de façon plus visible dans la calandre ou derrière le pare-brise. Mais aucune solution n’est totalement à l’abri.

Des vols très rentables… et peu risqués

Du point de vue des réseaux criminels, le calcul est simple. Un capteur ADAS peut se revendre rapidement, et son extraction ne nécessite souvent qu’un tournevis plat. Le boîtier plastique peut être endommagé sans conséquence : il est peu coûteux à remplacer, contrairement à l’électronique qu’il protège.

En France, ce phénomène commence à être observé dans les grandes agglomérations, notamment là où les véhicules récents sont nombreux et stationnent dans la rue. Les forces de l’ordre parlent déjà d’un vol à faible risque et à forte valeur ajoutée, un cocktail malheureusement idéal pour alimenter sa propagation.

Une facture salée pour les automobilistes… et les assureurs

C’est aussi l’une des raisons de la hausse continue des primes d’assurance auto. Là où un accrochage impliquait autrefois le simple remplacement d’un pare-chocs, il faut aujourd’hui ajouter :

  • un ou plusieurs capteurs,

  • parfois une caméra,

  • un recalibrage précis en atelier spécialisé.

La note grimpe vite, même pour un choc à faible vitesse. Et lorsqu’il s’agit d’un vol, l’immobilisation du véhicule peut durer plusieurs semaines faute de pièces disponibles.

Peut-on s’en protéger ?

La réalité est brutale : il n’existe pas encore de solution miracle. Les alarmes sont peu efficaces contre ce type de vol ciblé, rapide et silencieux. Les meilleurs conseils restent classiques, mais imparfaits :

  • privilégier un stationnement en parking fermé ou surveillé,

  • éviter les zones mal éclairées,

  • signaler immédiatement tout vol, même partiel, à son assureur.

À mesure que la voiture devient un concentré de technologie, elle attire de nouveaux types de convoitises. Le vol du logo n’est donc pas une simple farce urbaine : c’est le symptôme très concret d’une automobile moderne plus sophistiquée… mais aussi plus vulnérable.




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