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Les défis du marché de la voiture électrique

Après une année 2023 brillante, le marché de la voiture électrique connaît des turbulences en ce début d’année 2024. Les ventes mondiales ont marqué un recul notable, notamment en Chine, aux États-Unis et en Europe, où la part de marché des véhicules électriques a diminué à 12 % en février, contre 14,6 % sur l’ensemble de l’année précédente. Cette tendance se confirme avec la chute de 29 % des immatriculations en Allemagne au mois de mars, une situation qui affecte déjà les performances des grands constructeurs spécialisés dans ce domaine.

Malgré une augmentation de son bénéfice net en 2023, le constructeur chinois BYD n’a pas atteint ses objectifs, principalement en raison de la guerre des prix intense en Chine, en Europe et aux États-Unis. Tesla, quant à lui, a également subi une baisse de ses livraisons au premier trimestre 2024, entraînant une chute du cours de son action en bourse.

Les incertitudes économiques, le poids de l’endettement public et les taux d’intérêt élevés ont contribué à cette situation difficile pour le marché de la voiture électrique. En France, bien que les ventes aient été soutenues au premier trimestre, la réduction du bonus écologique et la suppression des aides pour les modèles fabriqués hors d’Europe ont freiné la diffusion de certains modèles électriques abordables.

Selon une enquête de l’Avere, la moitié des acheteurs de voitures électriques en France ont bénéficié du bonus gouvernemental, soulignant ainsi son importance dans le processus d’achat.

Face à cette situation, les constructeurs doivent trouver un nouvel élan pour attirer une clientèle moins enthousiaste et plus sensible au prix. Les marques européennes et japonaises pourraient être tentées de réduire leur focus sur les véhicules électriques, moins rentables que les modèles thermiques et hybrides.

De plus, les flottes d’entreprise, représentant une part significative du marché automobile, tardent à se convertir à l’électrique, ce qui limite le potentiel de diffusion des modèles d’occasion récents.

Une proposition de loi visant à imposer des sanctions aux entreprises ne respectant pas les quotas d’électrification prévus par la loi d’orientation des mobilités pourrait accélérer ce mouvement. Cependant, tant que le prix reste un obstacle majeur, la croissance des ventes de voitures électriques risque de ralentir au cours des prochaines années.

Dans ce contexte, l’arrivée de modèles plus abordables sur le marché, tels que la Citroën ë-C3, la Renault R5 ou les futures Volkswagen et Fiat, pourrait stimuler la demande pour la voiture électrique. De même, Tesla prévoit de lancer un modèle à large diffusion en 2025, même si de nouvelles rumeurs font état d’un arrêt du projet.

Alors que le nombre de bornes de recharge sur la voie publique continue d’augmenter, la compétition des marques chinoises sur le marché européen pourrait également dynamiser le secteur, avec des modèles technologiquement avancés et accessibles financièrement.

Malgré ces défis, l’Union européenne maintient son objectif de réduire les émissions de CO2 des constructeurs et d’éliminer les moteurs à combustion d’ici 2035. Cependant, la dégradation des ventes actuelles pourrait compromettre la réalisation de cet objectif, bien que certains gouvernements, comme celui de l’Allemagne, restent déterminés à promouvoir la transition vers la voiture électrique.




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