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Essai XPENG G6 Autonomie Étendue — Direction les Vosges

Je roule en thermique. En ancienne, même. Ce n’est pas un aveu, c’est un contexte — parce que quand on m’a proposé les clés du nouveau G6 pour un long week-end direction les Vosges, j’y suis allée avec mes habitudes, mes réflexes, et mes a priori bien rangés.

Le G6 m’attendait dans le Gris Améthyste. Une teinte que je n’aurais pas choisie sur un configurateur — trop sage en photo, trop indécise entre le mauve et le gris. En vrai, elle est belle. Un ton poudré, presque délicat pour un SUV de cette carrure, qui change selon la lumière et l’heure.

Mon équipière du week-end m’accompagnait. Et c’est elle qui, dès les premières minutes à bord, a mis le doigt sur quelque chose d’important : l’éclairage ambiant. 256 couleurs, réglables depuis l’écran. Elle a trouvé son ton en quelques secondes, sans chercher, sans manuel. C’est le meilleur indicateur qu’une interface est bien pensée — quand quelqu’un qui ne connaît pas la voiture s’y retrouve immédiatement.

L’intérieur, dans l’ensemble, m’a surprise dans le bon sens. Je m’attendais à quelque chose de chargé, de démonstratif. C’est au contraire bien dosé — le cuir Nappa Diamant est doux, le ciel de toit en suédine donne un côté cocon inattendu, et l’écran central de 15,6 pouces répond bien. La prise en main est intuitive, à une condition importante : tout régler avant de partir. Navigation, température, préférences — sur ce véhicule, on ne bricole pas en roulant. L’interface est pensée pour être configurée à l’arrêt, et c’est comme ça qu’elle fonctionne bien. Un changement de posture pour qui vient d’une voiture avec des boutons physiques partout.

Dans le même esprit, le bouton des feux de détresse se trouve au plafonnier avant, à côté de l’appel d’urgence — pas sur la planche de bord comme on s’y attend instinctivement. C’est cohérent avec le dépouillement du tableau de bord, mais ça demande une prise en main consciente avant de prendre la route.

Le toit panoramique, lui, n’appelle aucune réserve. Une vraie verrière — large, lumineuse, qui transforme l’habitacle. Et quand on découvre que les dossiers avant s’inclinent à plat, l’ensemble prend tout son sens : allongée sous ce ciel de verre avec les sapins vosgiens au-dessus, c’est un moment à part. Simple, mais réel.

En ville, autre découverte : à basse vitesse, le G6 émet un son discret vers l’extérieur. C’est l’AVAS — le système d’avertissement acoustique obligatoire sur tous les véhicules électriques en Europe, conçu pour signaler la voiture aux piétons. On ne l’entend pas de l’intérieur, les passants le perçoivent. Un détail de sécurité qui dit quelque chose sur la réalité de rouler en électrique au quotidien — et qu’on ne pense pas à mentionner dans les fiches techniques.

Le trajet commence par l’A4 puis la nationale. Le G6 est silencieux, posé, les assistances — centrage de voie, régulateur adaptatif — fonctionnent sans se faire remarquer. C’est exactement ce qu’on leur demande.

C’est sur la D420, autour de Saint-Dié, que ça devient intéressant. De nuit d’abord, puis le lendemain de jour — lacets serrés, montée progressive, le genre de route qui ne pardonne pas les approximations. Le G6 s’en sort très bien. La direction est précise, le comportement sain, la voiture ne cherche pas ses appuis. On attendait peut-être une voiture un peu dépassée par son terrain — on a trouvé une voiture dans le sien.

Un bémol sur les phares. De nuit dans les virages, la gestion du faisceau m’a semblé un peu juste. Pour un véhicule aussi sophistiqué par ailleurs, c’est un point sur lequel on attend des évolutions — le potentiel est là.

La recharge, j’abordais ça avec le scepticisme poli qu’on réserve aux arguments marketing. Sur une borne Electra, j’ai branché à 21 %. L’application affichait une puissance réelle d’environ 197 kW. Le pourcentage montait à une vitesse que je n’avais pas vue ailleurs. Moins de quinze minutes plus tard, j’étais à 80 %. 20,40 euros. Je n’avais pas encore fini mon café.

C’est ça qui change quelque chose concrètement. Pas le chiffre de 12 minutes en lui-même — la sensation que la recharge n’est plus un sujet à gérer. On branche, on fait une vraie pause, on repart. Pour quelqu’un qui roulait jusqu’ici exclusivement en thermique, c’est un déclic.

La version Autonomie Étendue est à 46 990 euros. Cuir Nappa, toit panoramique, système audio 16 haut-parleurs, sièges massants, assistances complètes — tout de série. La question que tout le monde finit par se poser : qu’est-ce qu’on aurait pour ce prix chez les autres ? La réponse est moins bien équipé.

Je ne suis pas prête à ranger mes anciens réflexes. Mais ce week-end vosgien a fait bouger quelque chose. Et c’est déjà beaucoup.




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