Pegasus : la saga chinoise qui pourrait séduire les passionnés de rallye lassés de Fast & Furious

Quand on évoque le cinéma automobile, le réflexe est souvent le même : Fast & Furious. La franchise américaine a généré plusieurs milliards de dollars de recettes et popularisé toute une culture automobile auprès du grand public. Mais à force d’accumuler les cascades improbables, les voitures volantes et les missions dignes d’agents secrets, la série s’est progressivement éloignée de ses racines.

À l’autre bout du monde, une saga chinoise beaucoup moins connue suit le chemin inverse.

Son nom ? Pegasus.

Présentée par certains médias comme le « Fast & Furious chinois », cette série de films connaît un succès considérable en Chine. Pourtant, la comparaison est finalement trompeuse. Car là où la franchise américaine est devenue un blockbuster d’action, Pegasus reste avant tout une histoire de pilotes, de compétition et de passion automobile.

Un héros de rallye plutôt qu’un super-héros

Le personnage principal, Zhang Chi, n’est ni un espion international ni un voleur de voitures.

Interprété par l’acteur et humoriste chinois Shen Teng, il est simplement un ancien champion de rallye confronté à la fin de sa carrière.

Le premier film suit sa tentative de revenir au sommet lors d’une course particulièrement redoutable disputée sur les routes montagneuses de Bayinbuluk, dans la région du Xinjiang. Un décor spectaculaire qui rappelle certaines spéciales de rallye les plus impressionnantes de la planète.

Contrairement à de nombreuses productions automobiles modernes, les voitures occupent ici une place centrale dans le récit. Les véhicules sont préparés comme de véritables voitures de compétition, avec arceaux, sièges baquets, pneumatiques adaptés et transmissions séquentielles.

Même les séquences de conduite ont surpris certains observateurs occidentaux par leur crédibilité.

Bayinbuluk, la star du film

Le véritable héros de Pegasus n’est peut-être pas Zhang Chi.

C’est la route.

Les films tournent largement autour du circuit routier de Bayinbuluk, célèbre en Chine pour ses paysages spectaculaires et ses dizaines de virages serpentant au milieu des montagnes.

Pour les spectateurs européens, ces paysages constituent probablement l’un des principaux attraits de la saga. Ils offrent une vision rarement montrée du sport automobile chinois, loin des mégapoles ultramodernes généralement associées au pays.

Le résultat évoque parfois davantage les films de rallye japonais ou certaines productions européennes que les standards hollywoodiens.

Pegasus 2 : le retour du champion déchu

Sorti plusieurs années après le premier épisode, Pegasus 2 approfondit encore cette dimension sportive.

On retrouve Zhang Chi après une disqualification controversée qui a détruit sa carrière. Devenu simple moniteur d’auto-école, il survit difficilement jusqu’à ce qu’un industriel lui propose de revenir à la compétition.

L’intrigue reste classique : un ancien champion, une équipe d’outsiders, un jeune talent prometteur et une ultime chance de rédemption.

Mais là encore, l’accent est davantage mis sur les difficultés humaines, l’entraînement et la compétition que sur les explosions ou les poursuites spectaculaires.

Un commentaire laissé sous le film sur YouTube résume d’ailleurs assez bien son esprit : « Pas de voitures extravagantes, pas de jolies filles, pas de criminalité, pas de richesse, seulement de la passion et de l’humour. »

Une formule qui tranche radicalement avec les productions automobiles occidentales contemporaines.

La Chine construit sa propre culture automobile

Le succès de Pegasus raconte aussi quelque chose de plus profond.

Pendant longtemps, l’automobile en Chine a été perçue comme un simple symbole de réussite économique. Aujourd’hui, une véritable culture automobile locale est en train d’émerger.

Les constructeurs chinois investissent massivement dans le sport automobile, les compétitions nationales se développent rapidement et une nouvelle génération de passionnés commence à s’intéresser à l’histoire, à la préparation et au pilotage.

Dans ce contexte, Pegasus joue un rôle comparable à celui qu’ont pu avoir Initial D au Japon ou les premiers Fast & Furious aux États-Unis : celui d’un phénomène culturel qui contribue à populariser l’automobile auprès d’un public plus large.

Une alternative inattendue pour les passionnés

Bien sûr, les films ne sont pas parfaits.

Les scénarios comportent parfois des incohérences, certaines séquences paraissent excessivement mélodramatiques et les sous-titres anglais disponibles sur YouTube ne facilitent pas toujours la compréhension pour un public occidental.

Mais pour les amateurs de sport automobile, Pegasus possède un charme indéniable.

À une époque où beaucoup de productions automobiles privilégient les effets spéciaux à la crédibilité mécanique, la saga chinoise rappelle que les histoires de pilotes, de dépassement de soi et de routes mythiques peuvent encore suffire à captiver un public.

Finalement, Pegasus n’est peut-être pas le « Fast & Furious chinois ».

C’est peut-être tout simplement ce que Fast & Furious était avant de devenir Fast & Furious.

 




Il n'y a aucun commentaire

Ajoutez le vôtre