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Zagreb ouvre la voie aux robotaxis : une première commerciale en Europe

Pendant que les regards se tournent vers les États-Unis, la Chine ou les Émirats arabes unis pour suivre les progrès de la conduite autonome, c’est finalement une capitale européenne qui vient de franchir un cap historique. Zagreb, en Croatie, est devenue la première ville du continent à proposer un véritable service commercial de robotaxis accessible au public.

Si cette étape marque une avancée importante pour la mobilité autonome en Europe, elle montre également que le Vieux Continent reste fidèle à son approche prudente en matière de sécurité.

Une dizaine de véhicules pour commencer

Le service est exploité par Verne, une jeune entreprise issue de l’écosystème du groupe Rimac. Les véhicules sont équipés de la technologie de conduite autonome développée par le spécialiste chinois Pony.ai, tandis qu’Uber prévoit d’intégrer prochainement cette offre à sa propre application.

Pour cette première phase, la flotte se compose d’une dizaine de SUV électriques Arcfox Alpha T5, qui circulent sur une zone d’environ 90 km² reliant le centre de Zagreb à son aéroport. Les trajets peuvent être réservés directement via l’application Verne.

Des robotaxis… mais avec un filet de sécurité

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ces véhicules ne roulent pas encore totalement seuls.

Même si le système de conduite autonome assure l’essentiel de la conduite, un opérateur de sécurité reste installé à bord afin de pouvoir reprendre le contrôle en cas de besoin. Cette présence devrait disparaître progressivement lorsque les autorités auront validé le fonctionnement du service dans des conditions réelles.

Cette approche tranche avec certaines expérimentations menées aux États-Unis, où plusieurs opérateurs proposent déjà des trajets sans aucun conducteur de secours dans des zones très spécifiques.

L’Europe accélère enfin

Le lancement de Verne constitue une étape symbolique pour l’industrie automobile européenne.

Jusqu’à présent, le continent avait surtout privilégié des expérimentations limitées, souvent réalisées avec un conducteur de sécurité et dans un cadre réglementaire très strict. L’Europe accusait ainsi un retard face aux acteurs américains comme Waymo ou aux entreprises chinoises telles que Pony.ai, WeRide ou Baidu.

Avec Zagreb, l’objectif change : il ne s’agit plus seulement de tester la technologie, mais bien de proposer un service commercial à des passagers payants.

Une vitrine pour la Croatie… et pour Rimac

Le projet bénéficie également à l’image de la Croatie, qui s’impose progressivement comme un acteur crédible des nouvelles mobilités grâce au développement du groupe Rimac.

Connu pour ses hypercars électriques, le constructeur a fait émerger autour de lui un véritable écosystème technologique dont Verne constitue aujourd’hui l’une des vitrines les plus visibles.

À terme, la société prévoit d’abandonner les SUV actuellement utilisés pour mettre en service son propre robotaxi, un véhicule électrique à deux places spécialement conçu pour le transport autonome urbain.

Une révolution encore très encadrée

Malgré cette première européenne, il ne faut pas s’attendre à voir des robotaxis envahir rapidement les rues du continent.

Les exigences réglementaires européennes restent parmi les plus strictes au monde, notamment en matière de responsabilité, de cybersécurité et de sécurité fonctionnelle. La présence d’un opérateur de sécurité à bord illustre cette volonté de déployer la technologie de manière progressive.

Pour les constructeurs automobiles, cette expérimentation constitue néanmoins un signal fort. La conduite autonome ne se limite plus à des démonstrations technologiques : elle entre désormais dans une phase de commercialisation en Europe, même si celle-ci avance à un rythme plus mesuré qu’ailleurs.




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