Sur les traces de la Nationale 7 : escale chargée d’histoire à Charbonnières-les-Bains
Au cœur de l’Ouest lyonnais, à Hôtel Mercure Lyon Charbonnières, le voyageur ne s’installe pas simplement pour une nuit : il remonte le fil d’une époque où l’automobile façonnait déjà les paysages, les architectures… et les imaginaires.
Car ici, au pied de l’établissement, s’étire l’une des artères les plus mythiques de l’histoire routière française : la Route nationale 7. Bien avant que les rubans autoroutiers ne redessinent la carte des grands départs estivaux, cette route incarnait à elle seule le goût des vacances. Elle était le passage obligé, presque un rite initiatique, pour des générations d’automobilistes en route vers la Méditerranée. L’équivalent hexagonal de la Route 66, avec ses embouteillages joyeux, ses stations-service bondées et ses haltes gourmandes.
Dans ce décor chargé de mémoire, chaque détail semble raconter une histoire. À quelques centaines de mètres seulement de l’hôtel, un bâtiment attire immédiatement le regard : le Garage du Méridien. Derrière sa façade Art déco, typique des années 1930, se cache un témoignage rare de l’âge d’or automobile. Sa signature ? Un immense vitrail où trône, majestueuse, une Bugatti Royale, symbole absolu de démesure et de raffinement mécanique.
Un détail qui pourrait laisser croire à une filiation naturelle avec la marque de Molsheim. Et pourtant, la réalité est tout autre. Ce lieu emblématique fut bel et bien une concession Citroën. Une ironie de l’histoire, ou plutôt un clin d’œil à l’esprit pionnier de son fondateur, André Citroën.
La légende locale, transmise de génération en génération, raconte qu’en 1919, tout juste après la création de sa marque, André Citroën aurait connu une panne… précisément à cet endroit. Une mésaventure anodine en apparence, mais qui aurait changé le destin du lieu. Le maréchal-ferrant appelé en renfort pour réparer l’automobile aurait été convaincu, dans la foulée, d’ouvrir une succursale Citroën. Une illustration presque parfaite de la vision industrielle du constructeur : déployer rapidement un réseau, au plus près des flux automobiles naissants.
Ce récit, qu’il relève du mythe ou de la réalité, traduit en tout cas une vérité plus large. Celle d’une époque où l’automobile n’était pas seulement un moyen de transport, mais un catalyseur de transformation territoriale. La Nationale 7, ses garages, ses hôtels et ses commerces formaient un écosystème complet, vivant au rythme des départs en vacances et des retours chargés de souvenirs.
Aujourd’hui, si les flux se sont déplacés vers des axes plus rapides, l’empreinte de cette époque demeure intacte. Séjourner à l’Hôtel Mercure Lyon Charbonnières, c’est s’offrir une parenthèse où l’histoire de l’automobile française affleure à chaque coin de rue. Une immersion discrète mais précieuse, entre patrimoine architectural et mémoire mécanique. Ironie : il y a un point de vente Citroën face au Mercure, mais pas dans les mêmes murs que le Garage du Méridien.
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