Quand le Malle-à-propos rencontre le Flat-6 : Louis Vuitton et Singer rhabillent la Porsche 911

On pensait avoir tout vu en matière de customisation haut de gamme, du total look carbone aux intérieurs gainés de cuir d'autruche violet. Mais là, on franchit un cap dans l'art du chic absolu (ou de la démesure, c'est selon). Louis Vuitton Singer. La maison Louis Vuitton vient de s'associer au célèbre restaurateur californien Singer Vehicle Design pour réinventer non pas une, mais deux Porsche 911.

Résultat ? Un mariage détonant entre la haute horlogerie, la maroquinerie de luxe et la mélodie du six-cylindres à plat.

Épisode 1 : Le Coupé "Classic", option porte-skis et liseré safran

La première création repose sur une base de Porsche 911 (type 964) Classic. Alimentée par un bloc 4.0L atmosphérique refroidi par air couplé à une boîte manuelle à six rapports, la belle ne manque pas d'arguments mécaniques.

Mais c'est visuellement que le choc opère :

  • Une livrée historique : Une robe teinte en couleur Safran (clin d'œil aux malles créées pour Citroën en 1924) contrastée par des touches Bleu Cobalt.
  • Le détail horloger : Tout a commencé par une horloge de bord amovible inspirée de la montre Tambour de Vuitton. L'idée a tellement plu que les designers ont passé un an entier à repenser tous les manomètres du compteur pour adopter la typographie et le design du chronographe.
  • L'habitacle "Malletage" : Du cuir naturel VVT, des aérateurs et boutons usinés à la main en métal rhodié, et des perforations sur les sièges dessinant la fameuse fleur du Monogram LV. Même la grille d'aération du moteur arrière intègre discrètement les initiales L et V.

Et parce qu'une Singer est faite pour tailler la route, la voiture est équipée d'une galerie de toit sur mesure capable d'accueillir au choix... une planche de surf en chêne blond ou une paire de skis assortie. Idéal pour passer de Biarritz à Courchevel sans changer de monture.

Épisode 2 : Le Cabriolet "Classic Turbo" selon Nicolas Ghesquière

Pour le second opus, c'est Nicolas Ghesquière, directeur artistique des collections Femme de Vuitton, qui a pris les commandes de la création. Le résultat est un Cabriolet Turbo mû par un 3.8L biturbo, habillé d'une teinte Blanc Calcaire Lutétien (hommage aux pierres parisiennes) et relevé d'incrustations de bois précieux.

Ici, l'inspiration lorgne franchement du côté du nautisme et des runabouts classiques :

  • Un capot arrière façon pont de bateau : Le capot moteur s'ouvre pour révéler un véritable pont en teck verni.
  • L'horloge au centre : La montre Tambour quitte le combiné d'instruments pour venir trôner fièrement au centre de la console en cuir.
  • Le détail subtil : Le soufflet du levier de vitesses évoque par son cordon en cuir la silhouette du mythique sac Noé.

La panoplie complète du parfait épicurien

Évidemment, impossible de repartir au volant de tels bijoux en survêtement. Vuitton a imaginé pour chaque modèle une capsule vestimentaire et de bagagerie dédiée :

  • Pour le Coupé : blouson de pilote en cuir grainé, gants perforés, casque en carbone gainé de cuir, et le bagage Keepall taillé au millimètre pour se glisser dans le coffre avant.
  • Pour le Cabriolet : combinaison sur mesure en soie parachute, montre Tambour Automatic en céramique et or jaune, ainsi qu'une édition spéciale du sac Petite Malle façonnée dans le même bois que l'habitacle.

Si l'histoire ne dit pas combien de zéros comporte le chèque pour s'offrir un tel ensemble, une chose est sûre : le concept de l'"Art du Voyage" n'a jamais été aussi rapide.

Louis Vuitton Singer : Vers une nouvelle ère pour la personnalisation automobile ?

Au-delà de la prouesse technique et du clin d’œil appuyé aux passionnés d'horlogerie, cette collaboration marque peut-être un tournant pour l'industrie du luxe. En confiant pour la toute première fois l'un de ses blasons à un préparateur indépendant, Louis Vuitton prouve que le véritable sur-mesure ne connaît plus aucune frontière. Entre le savoir-faire centenaire des ateliers de maroquinerie parisiens et l'ingénierie pointilleuse des spécialistes californiens, ce projet démontre avec brio que l'automobile d'exception peut s'élever au rang d'œuvre d'art en mouvement. Une philosophie du voyage qui dépoussière les codes du restomod et risque de donner des idées à d'autres grands noms de la haute couture.

Singer que l'on a vu récemment à Goodwood.

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