Essai GAC Aion UT : de l’espace et de l’équipement à prix contenu
Pour son arrivée en France, GAC lance l’Aion UT : une citadine électrique spacieuse, correctement équipée et bien placée en prix, mais dont la simplicité finit par se sentir partout.
Pour sa première arrivée en France, GAC ne vient pas seule : sa marque électrique Aion lance simultanément la petite UT et le SUV V. Pour cet essai GAC Aion UT, nous avons pris le volant entre Issy-les-Moulineaux et la vallée de Chevreuse. Une compacte électrique spacieuse et généreusement équipée, qui mise sur le budget et la vie de famille. De quoi donner envie de regarder au-delà de son blason encore peu connu.
Il y avait du blanc, du beige, du gris taupe, du jaune et cette jolie teinte Jade que j’ai choisie pour l’essai. Une couleur plus pimpante, qui va particulièrement bien à cette nouvelle citadine chinoise encore inconnue sur nos routes.
Départ du Domaine de la Reine Margot, à Issy-les-Moulineaux, direction la vallée de Chevreuse, Méré puis Grosrouvre et la Trattoria di Bambini. Nous étions deux à bord et nous avons échangé nos places en cours de route. L’occasion de confronter nos impressions, avec deux gabarits bien différents : 1,60 m et 1,82 m.
Une citadine qui ne manque pas d’air
Avec ses 4,27 m de long, l’UT déborde déjà du format traditionnel de la petite citadine. GAC aime la rapprocher de modèles compacts comme la Renault Mégane E-Tech. Avec un empattement de 2,75 m, elle privilégie surtout la place disponible à bord. Personnellement, j’aurais aimé un dessin plus court et plus ramassé, mais ce format profite directement aux passagers arrière.
Dessinée par l’équipe du studio GAC de Milan — dont fait partie le designer français Géraud Gordias, rencontré lors du lancement —, l’UT affiche un style sympathique. Les feux avant à LED façon pixels lui donnent un petit air amusant et les jantes de 17 pouces lui vont bien. La teinte Jade, plus pimpante que les traditionnels blancs, beiges ou gris, lui donne une personnalité joyeuse. Mais la signature visuelle n’est pas encore assez forte pour identifier immédiatement le modèle. À l’arrière, l’accumulation des appellations — GAC, Aion et UT — complique même inutilement la lecture.
La vraie surprise se trouve derrière les sièges avant. Trois adultes peuvent prendre place sans jouer des coudes et l’espace aux jambes est remarquable pour une voiture de cette longueur. Sur ce point, l’empattement généreux tient ses promesses.
Le coffre, en revanche, paraît bien moins convaincant. Le dossier de presse annonce 440 litres selon la norme SAE, mais seulement 321 litres selon la norme VDA, celle que nous utilisons habituellement en Europe. Voilà qui correspond davantage à notre impression : une valise et un petit bagage peuvent y entrer, mais le volume semble déséquilibré par rapport à l’espace royal réservé aux passagers arrière. Pour partir à trois ou quatre en week-end, il faudra voyager léger.
Une présentation simple, des équipements bien présents
Le petit rangement central marron cerclé d’aluminium est original. Les porte-gobelets, la boîte à gants et les différents vide-poches font correctement le travail. Le grand toit panoramique apporte de la lumière et Apple CarPlay comme Android Auto sont présents.
La planche de bord reste simple et les plastiques durs sont bien présents. J’aurais apprécié une ambiance plus chaleureuse, mais il faut aussi regarder ce que l’UT propose pour son prix. Dès la finition Premium, GAC annonce une pompe à chaleur, des sièges avant chauffants et des réglages électriques pour les deux sièges avant. En Luxury, le siège conducteur est également ventilé, le hayon électrique et le toit panoramique de série. Des équipements utiles au quotidien, qui donnent du poids à son positionnement tarifaire. À l’avant, la recharge par induction reste réservée à un seul téléphone.
Les sièges avant au dessin enveloppant évoquent presque de petits baquets. Malheureusement, leur partie supérieure pousse les épaules vers l’avant et donne la sensation de devoir conduire le dos rond. À 1,82 m, mon passager, devenu conducteur à son tour, n’a jamais vraiment trouvé sa position. Le siège conducteur se règle bien en hauteur, mais aucun réglage lombaire ne permet de soutenir ou de « gonfler » le dossier. Le siège passager, lui, ne peut pas être remonté. À 1,60 m comme à 1,82 m, nous avons donc trouvé des limites à ces réglages. C’est le point que je conseillerais de vérifier en prenant le temps de s’installer avant un achat.
Essai GAC Aion UT : une conduite douce pour le quotidien
L’UT réserve aussi une vraie astuce de modularité : ses deux sièges avant peuvent se rabattre entièrement à plat pour créer une surface de repos, façon couchette, ou libérer une très grande longueur de chargement. Une configuration bien pensée pour s’allonger pendant une pause, à l’arrêt. Avec les rangements et la place sur la banquette arrière, elle montre que la vie à bord a fait l’objet d’attentions concrètes.
Avec 204 ch et 210 Nm de couple annoncés, l’UT ne manque pas de ressources. Elle s’insère facilement dans la circulation et se montre agréable en ville. Sa conduite est douce, rassurante et sans difficulté particulière. Voilà exactement ce qu’on attend d’une citadine électrique appelée à accompagner les trajets quotidiens et, de temps en temps, un départ en week-end.
Le mode Sport change peu de choses. Il ne transforme ni le caractère de la voiture ni les sensations au volant, et ce n’est visiblement pas sa vocation. Même réserve concernant la récupération d’énergie : elle reste limitée et ne procure pas cette conduite à une pédale que certains utilisateurs d’électriques apprécient.
Les caméras panoramiques constituent en revanche un très bon point. L’image est nette, les vues 2D et 3D sont lisibles et le contrôle des jantes facilite réellement les manœuvres. Dans les rues étroites ou sur les pavés de la vallée de Chevreuse, l’équipement s’est montré plus utile que spectaculaire.
Nous avons aperçu une consommation de 13,9 kWh/100 km à l’écran, mais sur seulement 9,3 km et 26 minutes. Ce relevé est beaucoup trop court pour devenir une consommation d’essai. De même, le parcours organisé utilisait une application tierce : nous n’avons donc pas réellement évalué la navigation embarquée. Nous n’avons pas davantage testé la recharge ni suffisamment utilisé les aides à la conduite semi-autonome pour porter un jugement sérieux.
Sur le papier, la batterie LFP de 60 kWh promet 430 km WLTP. La puissance de recharge rapide plafonne à 87 kW, avec un passage de 10 à 80 % annoncé en 32 minutes. Des chiffres plus modestes que ceux de plusieurs rivales récentes, qu’un essai plus long devra vérifier dans la vraie vie.
Un prix qui remet les choses à leur place
L’Aion UT démarre à 26 990 euros en finition Premium et atteint 28 490 euros en Luxury. À ce tarif, son équipement, sa puissance et surtout son espace arrière rendent la proposition cohérente. Pour une famille qui cherche une seule voiture pour les trajets quotidiens et quelques escapades, ces qualités comptent autant que la présentation des plastiques.
GAC ajoute un argument rassurant pour une marque encore inconnue en France : une garantie véhicule de 8 ans ou 160 000 km, complétée par une garantie batterie de 8 ans ou 200 000 km. Dans les deux cas, la première limite atteinte s’applique.
Je n’ai pas eu le coup de cœur, principalement à cause de mon installation à l’avant. Mais l’UT mérite mieux qu’un jugement arrêté sur ses plastiques : son espace, ses équipements et sa garantie constituent de vrais arguments pour un budget contenu. Le choix se jouera aussi sur un essai personnel des sièges.
Depuis notre essai : les précisions du Mondial de l’Auto
Au Mondial de Paris, GAC a précisé son organisation européenne avec le lancement de GAC CARE+. Dans son communiqué du 13 octobre 2026, le constructeur annonce trois ans d’assistance routière européenne avec Allianz Partners et un centre de distribution de pièces à Rotterdam. Il prévoit également un centre d’appels en français. Pour une famille qui découvre la marque, ces engagements comptent ; leur efficacité au quotidien se jugera avec le déploiement du réseau.
Autre élément à prendre en compte : l’Aion UT a obtenu cinq étoiles Euro NCAP en 2026, un résultat publié dès septembre, avant le salon. L’organisme relève notamment la bonne protection des deux mannequins enfants lors du choc frontal décalé. Un argument supplémentaire pour son usage familial.
GAC a aussi dévoilé à Paris une UT Cross, avec une présentation plus baroudeuse. Cette déclinaison est distincte de l’UT essayée ici : ses annonces de châssis, de pneumatiques ou d’autonomie ne modifient donc pas les caractéristiques ni les impressions rapportées dans cet essai.
On aime / On aime moins
| Ce que j’ai aimé | Ce que j’ai moins aimé |
|---|---|
| L’espace arrière et les sièges avant transformables | Les sièges qui poussent les épaules vers l’avant |
| Le rapport prix-équipement et la garantie de huit ans | La présentation simple et les plastiques durs |
| Les caméras 2D/3D très utiles | Le coffre limité à 321 litres VDA |
| La conduite douce en ville | La récupération d’énergie peu marquée |
| Le coloris vert et les jantes de 17 pouces | La recharge rapide limitée à 87 kW |
Verdict — L’Aion UT a de solides arguments pour une famille qui surveille son budget : de la place à l’arrière, un équipement généreux et une conduite douce au quotidien. J’ai aimé ses caméras, sa modularité et cette jolie teinte Jade. Je reste moins convaincue par les sièges avant, dans lesquels nous avons tous les deux eu du mal à nous installer. Un point à vérifier lors d’un essai personnel, car cette compacte électrique mérite qu’on lui laisse sa chance.
Pour comparer les petites électriques, retrouvez aussi notre essai de la Citroën ë-C3.







