De Pebble Beach à The Quail : pourquoi Monterey reste le sommet absolu du chic automobile

Monterey Car Week 2026 Duesenberg 1935 sacree Best of Show a Pebble Beach
75th Pebble Beach Concours d’Elegance Best of Show Winner - Harry Yeaggy | Cincinnatti, Ohio 1935 Duesenberg SSJ Special Speedster

Monterey Car Week 2026 : Enquiller la mythique Highway 1 au ralenti au milieu d’un embouteillage saturé de Ferrari F40 et de Lamborghini Diablo n'arrive qu'une seule fois dans l'année. Chaque mois d'août, la péninsule californienne perd tout sens de la mesure. Les commissaires-priseurs font voler les millions sous les marteaux, les parkings de supermarchés locaux se transforment en paddocks improvisés et les collectionneurs du monde entier viennent user leurs semelles sur les pelouses les plus chères de la planète.

Après un mois de juillet rythmé par les montées boueuses de Goodwood sous la météo anglaise, la Monterey Car Week 2026 propose un spectacle radicalement différent : une semaine de démesure mécanique pure, où l'élégance compassée des concours côtoie sans complexe le vacarme des échappements libres.

The Quail : la garden-party des grandes manœuvres

Dans la vallée ensoleillée de Carmel, le rassemblement de The Quail donne immédiatement le ton. Pour cette édition 2026, les organisateurs avaient tracé une réplique miniature de la Route 66 pour fêter son centenaire, entourée par le plus grand rassemblement de Diablo jamais vu aux États-Unis.

Le clou du spectacle reste l'attribution du trophée Best of Show, décroché cette année par l'inoxydable Bruce Meyer au volant d'une sculpturale Ferrari 625/250 Testarossa argentée de 1957. Une auto d'usine aux galbes agressifs, débarrassée de tout artifice, qui rappelle que Maranello savait fabriquer des bêtes de course bien avant d'en faire des objets de spéculation financière.

17-Mile Drive : cent kilomètres pour prouver qu'elles roulent

Avant de parader immobiles sur les greens le dimanche, les autos doivent affronter l'épreuve du bitume lors du Tour d’Elegance. Le jeudi matin, plus de cent cinquante raretés quittent les paddocks pour une boucle de 105 kilomètres à travers la forêt de Del Monte, longeant Cypress Point et les falaises de Big Sur.

Voir une Delahaye d'avant-guerre ou un prototype Shelby rouler à bon rythme dans les embruns du Pacifique, sans remorque fermée ni mécanicien collé au pare-chocs, remet les pendules à l'heure. Ces bagnoles ont été dessinées pour avaler des kilomètres, pas pour moisir sous cloche dans un sous-sol climatisé.

Laguna Seca : le plongeon du Corkscrew sans filtre

À dix minutes des pelouses tirées au cordeau, le décor change du tout au tout sur le circuit de Laguna Seca. Lors de la Reunion, quatre cents monstres historiques reprennent la piste sans s'économiser.

Au sommet du Corkscrew, ce fameux virage en aveugle qui plonge de l'équivalent de cinq étages, Scott Pruett et les anciens de l'IROC s'en donnent à cœur joie portière contre portière. Pendant ce temps, les prototypes d'endurance japonais (Mazda à moteur rotatif, Nissan et Toyota des grandes années du Mans) font trembler les gradins dans un concert d'explosions à l'échappement. Les odeurs de gomme chaude et d'essence de course rappellent que l'histoire mécanique s'écrit d'abord le pied au plancher.

Monterey Car Week 2026 : le sacre d'un monstre américain

Dimanche à l'aube, le pèlerinage s'achève sur le 18e fairway du golf de Pebble Beach pour sa 75e édition. Face à une armada de Ferrari historiques venues célébrer l'anniversaire de l'épreuve, c'est finalement une américaine hors normes qui a raflé le titre suprême : la Duesenberg SSJ Special Speedster 1935 de Harry Yeaggy.

Avec son capot sans fin, ses tubulures d'échappement chromées qui jaillissent des flancs et son compresseur crachant près de 400 chevaux à l'époque de la Grande Dépression, l'engin a fait l'unanimité auprès des juges. Une victoire nette qui clôture sept jours d'excès assumé. Si vous cherchez où bat le cœur le plus fou de la planète auto en août, ne cherchez plus : c'est sur ce bout de côte californienne que ça se passe.

Après un mois de juillet réussi à Goodwood, c'est l'endroit où il faut être en août !

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