Bombes de peinture et carrosseries brutes : quand smart descend dans la rue

fresque murale urbaine coloree du smart Street Art Project representant la citadine

smart Street Art Project : Dévoiler les lignes définitives d’une nouvelle voiture à grand renfort de bâches en soie sur la moquette épaisse d'un salon automobile ou dans une vidéo 3D aseptisée sur les réseaux sociaux : le rituel du marketing automobile est devenu prévisible jusqu'à la corde. Pour préparer le retour très attendu de sa petite deux-places électrique, la marque a préféré prendre tout le monde à contre-pied en envoyant des manieurs d'aérosols repeindre les façades de six métropoles mondiales.

Avec le smart Street Art Project, le constructeur ne s'est pas contenté de coller un sticker sur une carrosserie. En confiant les traits de sa future citadine à des figures reconnues du graffiti international avant même sa révélation officielle au Mondial de l'Auto de Paris, l'art urbain sert d'immense teaser à ciel ouvert. Une manière brute de rappeler que cette silhouette courte sur pattes appartient d'abord au bitume des grandes villes.

De Shanghai à Melbourne : quatre artistes pour lancer la traque

La tournée a débuté discrètement sur les façades de l'hémisphère sud et en Asie, transformant des pignons aveugles en véritables énigmes pour passionnés de design. À Shanghai, c'est l'artiste contemporain Zhu Bin qui a ouvert le bal en intégrant les volumes galbés du modèle au milieu de motifs graphiques denses.

À Hong Kong, les quatre membres du collectif Parents Parents ont pris le relais en déployant leur univers brut et texturé sur les murs de la ville verticale. Le voyage a ensuite bifurqué vers l'Amérique du Sud, à Buenos Aires, sous les bombes de peinture du célèbre muraliste argentin Martin Ron, réputé pour ses compositions hyperréalistes monumentales qui dialoguent avec l'architecture locale.

En Australie, c'est la créatrice Georgia Laurie qui s'est approprié les ruelles de Melbourne. Sa fresque a d'ailleurs vendu la mèche sur plusieurs détails esthétiques de la version de série : les montants et le pavillon traités en noir contrasté, de vraies poignées de portes affleurantes, des optiques en amande au regard bienveillant et un bouclier avant percé d'écopes latérales bien réelles.

Berlin et Paris : le grand final sur le bitume européen

Pour boucler cette galerie planétaire, l'opération s'attaque aux deux capitales historiques de la marque. À Berlin, berceau des premières expérimentations de mobilité urbaine de l'enseigne, l'équipe du style Mercedes-Benz prend elle-même les rouleaux en main pour signer une intervention graphique le long des vestiges de l'East Side Gallery.

L'apothéose visuelle est réservée aux rues de Paris, quelques jours à peine avant la grande première publique d'octobre. C'est le street artiste français Brusk, figure majeure issue du collectif DMV, qui a carte blanche pour coucher la citadine sur la brique. Avec son style cinétique reconnaissable entre mille, fait de coulures maîtrisées, d'écorchés vifs et d'effets de matière en suspension, le graffeur lyonnais apporte la dose d'adrénaline visuelle nécessaire pour dynamiter l'image parfois trop lisse de la voiture électrique moderne.

Le retour aux sources du sigle S-M-Art

Ce pas de côté fait écho aux origines de la marque dans les années 1990. On a tendance à l'oublier, mais le nom smart est né de la contraction pure et simple de Swatch Mercedes Art. À l'époque de Nicolas Hayek, l'auto bousculait déjà la grisaille ambiante avec ses coques en plastique interchangeables, ses teintes criardes et ses collaborations décalées avec des couturiers ou des designers.

Après s'être embourgeoisée ces dernières années en fabriquant des SUV plus imposants sur des plateformes partagées avec Geely, retrouver une micro-citadine deux places dessinée sur des murs décrépis sonne comme un retour salvateur aux affaires. En s'affichant sans filtre entre les tags de quartier et les briques rouges, la petite puce électrique prouve qu'elle n'a pas perdu son impertinence de jeunesse.

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