Gants blancs, dentelle et portières magiques : la poésie secrète des taxis de Tokyo
Après une longue journée à déambuler entre les néons électriques de Shinjuku ou sous les cerisiers de Nakameguro, vos jambes réclament une trêve. Vous levez la main au bord d'un grand carrefour tokyoïte. Une berline noire lustrée s'approche en silence, s’immobilise au millimètre près devant vous… et soudain, sans le moindre contact, la portière arrière s'ouvre d'elle-même dans un murmure feutré.
Prendre un taxi Tokyo Japon insolite n'a absolument rien à voir avec une simple course utilitaire : c’est une immersion instantanée dans un cocon de calme, d'élégance surannée et de raffinement extrême. Dès que vous posez le pied à l'intérieur, la frénésie de la mégapole s'éteint pour laisser place à un salon de thé ambulant.
La portière automatique : un héritage des Jeux Olympiques de 1964
Le premier réflexe de tout voyageur occidental pressé est d'agripper la poignée extérieure. Erreur ! Au Japon, toucher la portière d'un taxi est presque un sacrilège.
Le système d'ouverture et de fermeture 100 % automatique (Jidō Doa) est actionné manuellement par le chauffeur grâce à un levier mécanique discret situé près du frein à main. Cette innovation fascinante a été généralisée à l'occasion des Jeux Olympiques de Tokyo en 1964 :
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Un impératif d'hospitalité (Omotenashi) : accueillir le passager sans qu'il n'ait à fournir le moindre effort ni à toucher une surface extérieure souillée par la pluie.
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La sécurité du chauffeur : lui éviter d'avoir à descendre côté circulation dans le trafic dense de la capitale.
Dentelle blanche et gants immaculés : l'éloge de la pureté
S'installer sur la banquette arrière d'un taxi tokyoïte, c'est contempler un souci du détail obsessionnel :
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Les housses en dentelle blanche : taillées sur mesure et changées quotidiennement, elles recouvrent les appuie-têtes et les dossiers en vinyle sombre, évoquant les intérieurs bourgeois des années 60.
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La tenue du chauffeur : costume-cravate impeccable, casquette d'officier et gants de coton blanc immaculés qui ne quittent jamais le volant.
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Une propreté clinique : aucun emballage oublié, pas la moindre trace de poussière et une température d'habitacle modulée avec une infinie douceur.
Dans un pays où la voiture est le prolongement du domicile, le taxi se doit d'offrir la même pureté qu'un intérieur traditionnel où l'on retirerait ses souliers.
De la vénérable Crown Comfort au moderne JPN Taxi
Pendant plus de trois décennies, la reine incontestée du pavé nippon fut la Toyota Crown Comfort. Avec sa ligne tricorps cubique, sa propulsion arrière et ses fameux rétroviseurs montés sur les ailes avant (permettant au conducteur de surveiller ses angles morts sans tourner ostensiblement la tête vers ses passagers), elle incarnait une élégance vintage rassurante.
Depuis 2017, la relève est assurée par le Toyota JPN Taxi :
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Une carrosserie monocorps inspirée des célèbres Black Cabs londoniens, mais peinte dans le bleu indigo traditionnel japonais (Koiai) ;
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Une motorisation hybride fonctionnant au GPL (Gaz de Pétrole Liquéfié) pour un silence de fonctionnement absolu en ville ;
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Un pavillon surélevé et un plancher plat pour permettre un accès aisé aux personnes âgées, aux valises encombrantes et aux fauteuils roulants.
L’art de l’Omotenashi : la discrétion érigée en philosophie
Ce qui rend l'expérience d'un taxi Tokyo Japon insolite si mémorable, c'est l'attitude de son conducteur. Ici, point de discussions téléphoniques bruyantes ou de radio stridente. Le chauffeur s'incline respectueusement, demande votre destination avec une déférence absolue, puis s'efface pour préserver votre bulle d'intimité.
À la fin de la course, la monnaie ou le reçu de carte bancaire vous est systématiquement rendu à deux mains, posé dans une petite coupelle dédiée. Et souvenez-vous : au Japon, le pourboire n'existe pas. Tenter d'en laisser un serait perçu comme une maladresse, le service d'excellence étant considéré comme la norme naturelle.

A Tokyo taxi cab in Kabuchiko.
Le guide pratique pour héler votre taxi à Tokyo
Pour vivre l'expérience sans impair lors de votre prochain voyage :
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Déchiffrez le voyant lumineux : le kanji rouge 空車 (Kuusha) sur le pare-brise signifie que le taxi est libre (contrairement à nos codes européens où le rouge indique l'occupation). Le voyant vert ou orange indique qu'il est déjà pris.
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Restez en retrait sur le trottoir : attendez que la portière s'ouvre complètement avant de monter.
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Préparez l'adresse : ayez l'adresse écrite en caractères japonais sur votre smartphone ou montrez le point sur un plan, les rues de Tokyo ne portant généralement pas de nom classique.
La suite de la série Japon à suivre dès demain !