Cascadeuse pour James Bond et reine du British GT : pourquoi Jessica Hawkins me bluffe

Jessica Hawkins et Will Orton sont sacrés champions British GT4 Silver Cup sur l'Aston Martin Vantage de MK Racing. Une consécration majeure pour la pilote britannique.

Jessica Hawkins championne British GT4 Silver Cup avec Aston Martin a Brands Hatch

Si vous cherchez la définition d'une pilote complète, capable de faire glisser une auto au millimètre sur un plateau de cinéma avant d'aller chercher un titre national le couteau entre les dents, arrêtez tout. Son nom est Jessica Hawkins. Lundi 28 septembre 2026, sur le tracé mythique et impitoyable de Brands Hatch, la Britannique de 31 ans a décroché la couronne de championne de la Silver Cup en British GT4.

Le dénouement n'a rien eu d'une parade dominicale. Au terme d'une finale d'endurance de deux heures irrespirable, l'Aston Martin Vantage AMR GT4 Evo qu'elle partage avec son coéquipier Will Orton a franchi la ligne en troisième position, avec à peine deux dixièmes de seconde d'avance sur ses poursuivants immédiats pour verrouiller le sacre avec 143,5 points au compteur. Deux minuscules dixièmes après 120 minutes de bagarre portière contre portière : voilà comment on valide une saison d'efforts sans jamais baisser les bras.

Des cascades de James Bond aux vibreurs de Brands Hatch

Ce qui me réjouit profondément chez Jessica, c'est son parcours cabossé, totalement imperméable aux plans de carrière aseptisés. Elle commence le karting à huit ans, gagne des courses, mais se heurte vite au mur de l'argent qui brise tant de vocations. Pour continuer à vivre de sa passion du volant sans attendre de mécène providentiel, elle prend un chemin de traverse spectaculaire : la cascade automobile professionnelle.

Après avoir écumé les arènes européennes du spectacle Fast and Furious Live en envoyant des propulsions en travers au milieu des flammes, elle est recrutée pour doubler les scènes d'action du James Bond Mourir peut attendre. Piloter une Aston Martin DB5 truffée de gadgets dans les ruelles pavées de Matera tout en esquivant des explosions : c'est là qu'on forge un sang-froid et un sens de la dérive que beaucoup de pilotes de circuit n'auront jamais. Quand on a su maîtriser une supercar sur commande devant les caméras d'Hollywood, garder ses pneus sur le bitume gras d'un circuit anglais sous la pression d'un peloton de furieux relève presque de la routine.

Ambassadrice de prestige, mais surtout fille d'asphalte

Repérée par Aston Martin F1, elle intègre l'écurie de Silverstone en tant qu'ambassadrice avant de marquer les esprits en 2023, devenant la première femme en près de cinq ans à tester une Formule 1 moderne lors d'une séance privée en Hongrie. Beaucoup se seraient contentées de ce statut flatteur, naviguant entre les carrés VIP des Grands Prix et les opérations de relations publiques impeccablement coiffées. Pas elle.

Jessica est une femme de piste. En parallèle de ses responsabilités de responsable de la F1 Academy pour Aston Martin, où elle accompagne la relève féminine avec une franchise salutaire, elle a multiplié les piges exigeantes, du GT World Challenge Europe jusqu'à cette campagne complète en British GT avec l'équipe MK Racing. Dans son entretien accordé à l'écurie Aston Martin F1 juste avant ce dénouement de Brands Hatch, elle ne masquait d'ailleurs pas son ambition : le titre, rien d'autre. Elle a passé la saison aux avant-postes, alignant les podiums et les victoires avec une régularité exemplaire.

Montrer l'exemple avec le casque sur la tête

Voir une responsable de filière jeunes pilotes aller chercher elle-même un titre au volant d'un monstre de 450 chevaux envoie un message d'une puissance rare à toute la nouvelle génération. Jessica Hawkins ne se contente pas d'expliquer la course depuis un muret des stands avec un chronomètre à la main : elle monte dans le baquet, serre ses harnais et montre concrètement comment on va chercher la victoire sur les vibreurs.

Ce titre en Silver Cup vient récompenser une pugnacité remarquable. Sans jamais chercher d'excuses, en travaillant dans l'ombre des ateliers de MK Racing et en exploitant chaque opportunité offerte par Aston Martin, elle prouve qu'un volant se mérite d'abord par le talent brut et la sueur. Une vraie championne sans chichis, comme je les aime.

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