Peugeot 504 x Rim’K : un break légendaire pour une mémoire collective
Peugeot 504 Rim'K : Le 11 mars 2000, le Tout-Paris réuni au Zénith pour les Victoires de la Musique s'étouffe à moitié devant son écran. Les trois gars de Vitry-sur-Seine du groupe 113, récompensés pour leur album Les Princes de la Ville, débarquent en direct sur la scène au volant d'un break Peugeot 504 beige fatigué, coffre chargé à ras bord et klaxon bloqué. Le clin d'œil au clip de Tonton du Bled scelle alors l'entrée d'une bagnole populaire au panthéon de la culture urbaine française.
Vingt-cinq ans plus tard, Rim’K a remis le couvert lors de la cérémonie des Flammes. Sauf que cette fois, ce n'est pas une occasion dénichée la veille sur un parking qui s'est invitée sous les projecteurs : c'est le studio de design officiel de la marque au lion qui a mis les mains dans le cambouis pour réinventer la Peugeot 504 Rim’K dans les règles de l'art.
Le coup de crayon né sur un coin de table
L'aventure n'a rien d'une commande marketing aseptisée venue d'un comité de direction. Le projet est né d'un délire spontané entre Matthias Hossann, le patron du design Peugeot, et ses équipes de stylistes.
Sans cahier des charges rigide ni budget alloué au départ, les designers ont commencé à gribouiller des croquis pendant leurs pauses, guidés par le souvenir commun des départs en vacances des années 80 et 90, avec les suspensions arrière affaissées sous le poids des bagages. Le projet a rapidement pris corps dans les ateliers secrets de Vélizy pour transformer la berline familiale d'antan en machine de scène rétrofuturiste.
Valises bleues, tissu Tati et platine vinyle
Loin des restomods clinquants réservés aux collectionneurs de la côte californienne, cette 504 pioche ses détails directement dans la mémoire des quartiers populaires :
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La galerie de toit chargée : des malles métalliques et de vieilles valises bleues sanglées sur le pavillon, symbole direct des traversées de la Méditerranée et des retours estivaux au bled ;
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La sellerie Barbès : les sièges abandonnent le vieux skaï brûlant pour un tissu reprenant le célèbre motif vichy rose et bleu des cabas Tati ;
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La platine vinyle intégrée : au centre d'une planche de bord épurée, le designer parisien Jean-Baptiste Anotin (Waiting For Ideas) a usiné un bloc d'aluminium brut pour y loger une véritable platine vinyle fonctionnelle ;
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Le poste de pilotage futuriste : entre les mains du conducteur, le volant rectangulaire Hypersquare préfigure les commandes des futurs modèles électriques de la marque, créant un choc temporel saisissant avec la carrosserie des seventies.
Peugeot 504 Rim'K : la revanche d'un cheval de trait populaire
Dans une industrie automobile qui ne jure plus que par les SUV anonymes et les discours convenus sur la connectivité, voir un constructeur célébrer sans complexe l'un de ses plus célèbres utilitaires familiaux fait un bien fou.
La 504 break n'a jamais été conçue pour parader devant les palaces : c'était la bagnole des artisans, des familles nombreuses et des gros rouleurs qui alignaient 400 000 bornes sans jamais lever le pied. En montant sur scène à son bord aux côtés de Rim'K, Peugeot rappelle que les grandes marques ne se mesurent pas uniquement à leurs chiffres de vente trimestriels, mais aux souvenirs bien réels qu'elles ont laissés sur le bitume.