Essai Hyundai IONIQ 3 : l'aéro-compacte coréenne a-t-elle tout compris à nos trajets ?
11,2 kWh aux 100 km sur les routes de Gironde et une ligne acérée qui fait tourner les têtes : la nouvelle Hyundai IONIQ 3 frappe fort, malgré quelques caprices d'ergonomie qui m'ont fait râler.
Journées presse à Bordeaux. La veille au soir, rendez-vous au Limelight, au 200, pour la présentation. Rideaux rouges aux fenêtres, et partout Mister Pix, le petit personnage en pixels de l'IONIQ 3 : sur les rideaux, sur les écrans, projeté jusque sur le trottoir (on le voit même depuis les étages). Le lendemain : mise en main à 9 h, départ des essais à 9 h 30, train retour pour Paris à 17 h 08.
Deux voitures, un tarif de base identique, 39 800 euros avec la batterie de 61 kWh : la N Line, rouge brillant, le matin. La Vision, bleu dragée, l'après-midi. Entre les deux, un déjeuner à la Terrasse Rouge, du côté de Saint-Émilion.
Elle m'a séduite tout de suite. Le coffre aussi. Le reste, c'est une autre histoire : un mètre soixante, un volant épais, un écran qui garde ses secrets. Première rencontre diplomatique.
Un avion de chasse, un rétro minuscule
Dans la gamme, l'IONIQ 3 s'installe au-dessus de la petite Inster, plus basse et plus compacte que le Kona. Les IONIQ 5, 6 et 9 jouent dans une autre cour. Hyundai parle d'« aéro-compacte », 4,16 mètres, et la voiture a de la présence.
De profil, ça découpe. Arêtes vives, bas de caisse sculptés, petite ailette à l'arrière, Cx de 0,263. Coup de cœur pour le rouge brillant de la N Line, qui claque dès que le soleil tape.
Mais voilà : une fois assise, on le paie. Lunette arrière étroite, très inclinée. Vue dans le rétroviseur ? Réduite. C'est un miroir classique, jour/nuit automatique. Une caméra aurait été la bienvenue. Pas proposée.
1,60 m au volant : je n'ai jamais trouvé la bonne place
Sur la route, rien à dire. Saine, silencieuse, rassurante. C'est moi qui n'étais pas bien installée, dans la N Line comme dans la Vision.
Sièges à réglages manuels, soutien lombaire électrique, hauteur, inclinaison : j'ai essayé, retourné, recommencé. Rien. Et le volant n'a rien arrangé, avec sa jante épaisse qui s'entend mal avec mes petites mains. Dès que mes jambes et mes bras trouvaient une position à peu près correcte, le haut du volant mangeait une partie du petit écran d'instrumentation. Dalle mate, très lisible, mais encore faut-il la voir en entier.
Je n'ai pas essayé les sièges électriques à mémoire du Pack Relaxation, proposé sur la N Line Evo. Mon avis vaut donc pour les deux voitures conduites ce jour-là.
Beaucoup de boutons, beaucoup de réglages
Hyundai a gardé des boutons physiques, et la marque affirme que ses clients les plébiscitent. Autour du volant, ça ne manque pas : boutons, commodos, palettes pour doser la régénération.
Côté Pleos Connect, l'affichage se personnalise avec des widgets. Sauf qu'en découvrant la voiture, on ne sait pas ce qu'on peut déplacer ni comment. Laborieux. L'IONIQ 3 est sophistiquée, et il faut se donner du temps pour personnaliser sa conduite et son intérieur.
Petit souci aussi avec CarPlay pendant la prise en main : la navigation a fait des siennes, sans que je sache pourquoi. Android Auto, je ne l'ai pas testé. Des mises à jour à distance sont prévues, de quoi améliorer les choses sans passer par la concession.
Sur la N Line, la caméra d'angle mort s'affiche à droite de l'écran central quand on met le clignotant. Dans le Tucson hybride, je l'avais aimée dans les cadrans, juste devant le conducteur. Ici, moins pratique.
Le bac sur la planche de bord, et le coffre
J'ai adoré le grand bac ouvert au-dessus de la planche de bord. Lunettes, mouchoirs, clés : tout y va sans y penser. Pour les moins ordonnés, c'est le fouillis assuré et visible. Mais ça reste pratique.
Console centrale, autres rangements, quatre prises USB-C (deux devant, deux derrière).
Derrière, c'est plus mitigé. La hauteur est à surveiller pour les grands, je n'ai pas pu vérifier avec différents gabarits. Sur la Vision, les passagers disposent aussi d'aérateurs arrière.
Le coffre, lui, m'a bluffée. 441 litres, dont 119 sous le double plancher : câbles et petites affaires en bas, bagages en haut. Ma référence, c'est la Mégane. Là, pour la taille de la voiture, c'est généreux.
11,2 kWh aux 100 km : on s'est perdus, et ça a payé
C'est sur la consommation que l'IONIQ 3 a marqué ses plus gros points.
Départ de Bordeaux le matin, N Line. On n'a pas suivi le roadbook à la lettre, quelques hésitations, quelques détours. À 11 h 38, l'écran de navigation affichait 82 % de batterie, 422 kilomètres d'autonomie, 23 °C dehors et 11,2 kWh aux 100 km, à quatre minutes de la Terrasse Rouge. À l'arrivée pour le déjeuner : 106,5 kilomètres au compteur, 80 % de batterie, 406 km d'autonomie annoncée. Départementales de Gironde, avec quelques détours. J'ai trouvé ça très bien.
L'après-midi, j'ai conduit la Vision sur autoroute, départementales et nationale. Les parcours étaient différents, donc je ne compare pas les consommations.
Hyundai annonçait jusqu'à 497 kilomètres avec la batterie de 61 kWh, 344 avec celle de 42 kWh, et une recharge de 10 à 80 % en 29 minutes. Je n'ai pas testé la recharge.
Ce que j'ai aimé et ce que j'ai moins aimé
| Ce que j'ai aimé | Ce que j'ai moins aimé |
| Le coup de crayon général et les arêtes tranchées de la carrosserie | La position de conduite difficile à ajuster avec les sièges manuels pour mon mètre soixante |
| La teinte rouge brillante | La jante de volant trop épaisse et large pour les petites mains |
| Le coffre très logeable de 441 litres avec son vaste bac sous le plancher | La visibilité coupée sur l'écran compteurs selon la hauteur du volant |
| Le grand vide-poche ouvert sur la planche de bord, ultra pratique | La visibilité arrière limitée par la petite lunette inclinée |
| La sobriété remarquable avec 11,2 kWh/100 km constatés sur la boucle matinale | Le temps de prise en main de Pleos Connect et le problème CarPlay pendant l’essai |
| La conservation de vrais boutons physiques sur la console | La caméra d'angle mort déportée sur l'écran central plutôt que face aux yeux |
Repères techniques de mes deux montures d'essai
| Caractéristique | IONIQ 3 Vision | IONIQ 3 N Line |
| Capacité batterie | 61 kWh | 61 kWh |
| Puissance du moteur | 135 ch (99 kW) | 135 ch (99 kW) |
| Couple moteur | 250 Nm | 250 Nm |
| Transmission | Traction avant | Traction avant |
| Longueur hors tout | 4,155 m | 4,170 m |
| Largeur (hors rétros) | 1,800 m | 1,800 m |
| Volume de coffre | 441 litres (322 L + 119 L) | 441 litres (322 L + 119 L) |
| Monte pneumatique | 18 pouces | 18 pouces |
| Autonomie mixte annoncée | 484 km (valeur provisoire) | 456 km (valeur provisoire) |
| Prix de base catalogue | 39 800 € TTC | 39 800 € TTC |
Au final
Sur la route, la IONIQ3 m'a rassurée. Très stable, elle donne confiance. La rouge mate, oui, elle m'a plu. Le coffre et les rangements de la console aussi. Mais j'ai moins aimé être au volant : dans les deux versions, je cherchais encore ma position. Le siège, le volant trop épais pour mes mains… je n'étais pas bien installée. Et je n'ai pas eu assez de temps pour prendre mes repères sur l'écran. Je suis donc repartie avec l’envie de la retrouver pour un essai plus long. Le comportement routier m’a convaincue ; reste à voir si je peux m’y sentir aussi bien installée? Voilà où j'en étais en repartant pour Paris.





















