Essai Renault Twingo électrique : et si on partait avec ?
Presque 1 000 km entre Bourgogne et Lyon avec la Renault Twingo électrique : une escapade pour voir jusqu’où partir avec sa citadine du quotidien.
Une petite Renault verte, de la musique et un programme entre Bourgogne et Lyon. Pour cet essai Renault Twingo électrique, je suis partie presque 1 000 km avec elle. Pas pour battre un record : pour savoir si une citadine qu’on aime au quotidien peut aussi nous accompagner en voyage.
Avant de prendre la route, sortons la calculette. La Renault Twingo E-Tech électrique démarre à 19 490 € hors aides, et la finition Techno de mon essai à 21 090 €. Le pack Advanced Charge, qui permet de charger jusqu’à 11 kW en courant alternatif et 50 kW sur une borne rapide, ajoute 500 €. Avec le vert Absolu et les jantes Reverso de 18 pouces, facturés chacun 600 €, on arrive à 22 790 € pour cette configuration, avant les autres éventuels équipements et hors aides.
Ce budget est le point de départ de mon essai. Quand on achète une petite voiture, on ne dispose pas forcément d’une seconde pour les vacances, ni d’une enveloppe location chaque fois qu’un déplacement dépasse les limites de la ville.
On peut regarder sur Getaround. Mais au prix de la location s’ajoute une caution immobilisée sur la carte bancaire. La plateforme prévoit sa libération sept jours ouvrés après la fin de la location en l’absence d’incident, puis un délai de traitement bancaire peut s’appliquer. Quand le budget est serré, cet argent temporairement indisponible compte aussi.
Alors, parfois, on part avec sa voiture. Celle qui sert pour les courses, les enfants, les rendez-vous et tout ce qu’il faut transporter. On veut continuer à rouler électrique, on a choisi une marque française, et on n’a aucune envie de renoncer à une escapade.
Ma question est donc simple : comment passer un bon moment en voyage avec cette petite Twingo ?
Une bouille qui donne envie de prendre les clés
Je la trouve très réussie. Ce vert, les formes arrondies, les références à la première génération : Renault a retrouvé une personnalité immédiatement reconnaissable. Le néo-rétro fonctionne parce qu’il me rappelle une voiture familière tout en me donnant envie de découvrir la nouvelle.
Dans un marché où les petites électriques se multiplient, notamment chez les constructeurs chinois, cette identité compte à mes yeux. Une voiture s’achète aussi parce qu’on aime la regarder sur sa place de parking.
Pendant une recharge, je rencontre d’ailleurs une petite famille sympathique, venue en Renault 5. Ils reconnaissent immédiatement la Twingo, s’approchent, posent des questions, regardent l’habitacle. Nous sommes en pleine semaine du Mondial de l’auto : je me retrouve à faire une petite présentation improvisée entre deux bornes.
Cette famille me dit vouloir rester chez une marque française. La conductrice, surtout, observe la Twingo avec beaucoup d’intérêt. Je comprends son regard : cette petite Renault donne envie d’aller voir ce qu’elle a dans le ventre.
Galerie : extérieur et recharge




À bord, ma petite organisation trouve sa place
Dans l’habitacle, je me sens bien. Avec mon 1,60 m, je relève le siège pour trouver ma position. Même si la planche de bord est haute, ce réglage me permet de m’installer correctement.
J’aime les touches de couleur, les motifs, les rangements ouverts. Il y a une gaieté dans cette voiture qui m’accompagne volontiers pendant plusieurs heures. Le rangement central zippé, accessible des deux côtés, est particulièrement pratique : mes petites affaires restent à portée de main.
Le téléphone, la musique, les objets qu’on pose et qu’on reprend composent rapidement mon installation. Je lance Spotify et je prends la route. Je trouve le son agréable ; pour un départ avant le lever du jour, une bonne bande-son aide beaucoup.
Quelques détails me plaisent moins. Sur le support central incliné, mon téléphone ne tient pas bien et tombe. Quant à la recharge par induction, c’est le prix de cette option qui me paraît élevé. La caméra de recul gagnerait à offrir une image plus nette.
Je fais aussi attention à l’angle de la porte quand je m’installe. Quant au bouton des feux de détresse, assez bas à droite, je préférerais le trouver plus près de la main. L’ancien gros bouton rouge de la première Twingo était immédiatement repérable.
De cette première génération, je garde également le souvenir d’une voiture très facile à placer. La nouvelle reste compacte, mais je retrouve moins cette sensation d’évidence dans les manœuvres. Il faudra peut-être aussi que mes souvenirs lui laissent un peu de place.
Galerie : habitacle et rangements









Cap sur la Bourgogne, puis Lyon
Je quitte l’Essonne à 5 h 25. Mon programme comprend une rencontre avec la pilote Émilie Villa à Saint-Émiland, un passage en Bourgogne puis une soirée au musée des Confluences à Lyon.
Sur autoroute, je vise généralement 110 km/h. Je ne cherche pas à établir un record d’autonomie : je veux avancer confortablement et garder une marge suffisante pour les étapes suivantes.
La batterie de 27,5 kWh impose de préparer ses arrêts. Je prends progressivement le rythme de la voiture : une portion de route, une pause, puis la suite.
La première halte me plaît beaucoup. C’est une station Plug Inn, le réseau de Renault. Amener une Twingo chez Renault a quelque chose d’assez amusant : elle est en famille.
Un code permet d’accéder à un espace au chaud avec des sanitaires. Partie aussi tôt, j’apprécie ce confort très concret. La voiture recharge pendant que je fais une vraie pause. Voilà une étape que je garderais volontiers sur un prochain itinéraire.
Je poursuis avec des recharges à Nitry puis à Arnay-le-Duc. À 10 h 30, je suis à mon rendez-vous avec Émilie Villa. La petite Renault m’a bien conduite jusque-là, à l’heure.
Retrouver le goût des étapes
Après l’entretien, je reprends la route, avec un passage du côté des vignes de Chassagne-Montrachet. Le voyage possède aussi ces moments-là : on regarde le paysage, on s’accorde un détour, on profite d’être venue en voiture.
C’est cet esprit que j’aimerais retrouver avec la Twingo. Un peu celui des départs d’autrefois, quand on préparait davantage ses étapes et que la route faisait partie des vacances. On pourrait presque lui composer une playlist dédiée.
Cela demande tout de même de choisir ses haltes. Une recharge dans un endroit accueillant peut devenir un moment agréable ; chercher une installation qui n’existe plus l’est beaucoup moins.
L’après-midi, je rencontre justement les deux situations. Une station Leclerc recherchée se révèle être un chantier. Je termine avec un appoint à Arnas.
Cette dernière recharge me coûte 3,29 € pour 9,4 kWh. Un tarif appréciable, qui rappelle l’intérêt de regarder aussi les bornes hors des grandes aires autoroutières, lorsque le parcours s’y prête.
J’arrive à Écully à 15 h 28.
Et si l’on prenait davantage les nationales ?
Mon aller représente 479 km, avec quatre haltes de recharge : Plug Inn, Nitry, Arnay-le-Duc et Arnas. Entre le départ et l’arrivée, dix heures et trois minutes se sont écoulées, dont une heure trente-six consacrée à l’interview. Le reste comprend la route, les recharges et mes détours : ce n’est donc pas un temps de trajet direct à comparer tel quel à un calculateur.
L’expérience de Pierre Desjardins, chez Automobile Propre, apporte un éclairage intéressant. En juillet, il a parcouru 478 km entre Paris et Strasbourg, en privilégiant la N4, avec une seule recharge. Son voyage a duré 7 h 43, pour une consommation finale affichée de 9,3 kWh/100 km. Il roulait dans des conditions estivales, sans climatisation : le parcours et les conditions diffèrent de mon essai d’octobre.
Cela donne néanmoins envie d’essayer une autre manière de voyager. Avec une petite électrique, prendre la route la plus rapide sur la carte n’est pas forcément le choix le plus agréable pour la journée entière.
Pour un week-end, je regarderais volontiers les nationales, une pause déjeuner avec recharge et une destination où brancher la voiture à l’arrivée. La Twingo se prête bien à cette idée d’escapade préparée autour de quelques bonnes étapes.
Une nuit branchée, et l’on repart
À Écully, la voiture passe la nuit sur une prise domestique. Au matin, je repars à 100 %. Cette possibilité de charger pendant qu’on dort change beaucoup l’organisation : la journée commence avec la batterie pleine.
Il est 4 h 12 lorsque je quitte Écully. Le tableau de bord annonce 195 km d’autonomie estimée, qui évolueront ensuite avec le parcours.
Je remonte vers Paris en passant par Saint-Ambreuil, Lochères et Venoy Soleil Levant. Les pauses rythment de nouveau le trajet. Je relève notamment une puissance de 53 kW au début de la recharge à Venoy, autour de 20 % de batterie.
Je n’ai pas rencontré, ce matin-là, de ralentissement durable à quelques kilowatts qui aurait immobilisé la voiture pendant des heures. Les puissances varient, les recharges avancent et je poursuis mon chemin.
L’application utilisée me contrarie davantage lorsqu’une session en cours devient introuvable pendant ma pause café. Je dois retourner jusqu’à la borne pour voir où j’en suis. J’aimerais pouvoir profiter de mon arrêt sans surveiller aussi attentivement son déroulement.
Darvault : une péripétie dont je me serais passée
À Darvault, la première borne Ionity essayée est en défaut. Le connecteur reste bloqué dans la voiture.
Le bouton de déverrouillage situé dans la trappe, je l’ai bien utilisé. Plusieurs fois. Il ne libère pas la prise. L’assistance me fait verrouiller et déverrouiller la voiture à répétition et, de mémoire, redémarre la borne deux fois à distance.
Après de nombreuses tentatives, le connecteur finit par sortir. Je change de borne et la recharge fonctionne enfin.
Je précise que cet incident concerne la borne en défaut : je ne l’attribue pas à la Twingo. Il reste une contrariété du voyage, comme on préférerait évidemment ne pas en rencontrer.
Sur la deuxième borne, je récupère 13,022 kWh en vingt et une minutes et repars à 62 %. Paris m’attend.
Paris, puis Boulogne : le programme est rempli
Du côté d’Opéra, je tente de profiter de mon arrêt pour recharger sur Belib’. Une première borne ne fonctionne pas ; je déplace la voiture vers une autre, qui apporte peu d’énergie.
Les places Belib’ me semblent parfois très contraintes pour les manœuvres. Avec une voiture plus longue, surtout sans aide au stationnement automatique, s’y installer peut demander un peu de patience. Le petit gabarit de la Twingo est alors appréciable.
Cet épisode occupe environ une heure, tentatives comprises. Sans facture retrouvée ni relevé de session, je ne peux pas en donner un bilan précis. Après cette pause à Opéra et les tentatives de recharge sur Belib’, je repars avec 16 % de batterie et 30 km d’autonomie estimée.
J’atteins Boulogne-Billancourt et rends la Twingo avec 15 % de batterie et 28 km d’autonomie estimée. J’aurais préféré lui laisser davantage, mais elle m’a conduite au bout de mon programme.
Pour la journée de retour, l’ordinateur de bord affiche 459,2 km et 17,2 kWh/100 km. Les quatre recharges sur le trajet ont coûté 37,95 €, hors Belib’ et recharge nocturne. Le péage ajoute 41,30 €.
Ces dépenses rappellent que voyager en électrique demande aussi de regarder où l’on recharge. Le tarif d’un appoint autoroutier n’est pas celui d’une nuit branchée à destination.
Essai Renault Twingo électrique : une citadine pour s’évader
Alors, est-ce que je repartirais avec cette Twingo ? Oui. En construisant davantage le voyage autour de ses étapes et en m’accordant plus de liberté sur les horaires.
J’ai choisi de lui faire enchaîner près de 1 000 km en deux jours, avec un entretien, une soirée à Lyon, un passage à Paris et une restitution. C’est un programme bien rempli pour une voiture pensée d’abord pour le quotidien.
Elle l’a fait. Et je suis toujours aussi contente de la retrouver sur les photos, avec sa couleur verte et son air familier.
Pour une personne, un couple ou une petite famille qui veut une seule voiture, cette possibilité de partir compte. On peut choisir une citadine électrique pour ses trajets habituels et garder des envies d’ailleurs. Il faut préparer les recharges, prévoir de la marge et, si possible, pouvoir brancher à destination.
On roule sans émissions de CO₂ à l’échappement, avec une petite voiture dont on apprécie le caractère. On emporte ses affaires, sa musique et son programme. Le voyage demande quelques ajustements, mais il reste possible.
La prochaine fois, je lui trouverais bien une jolie route, une exposition à visiter et une bonne adresse pour déjeuner pendant qu’elle recharge.
Elle a déjà la couleur des escapades.
J’aime / J’aime moins
| Ce que j’ai aimé | Ce que j’ai moins aimé |
|---|---|
| La ligne néo-rétro et la teinte vert Absolu | La netteté perfectible de la caméra de recul |
| L’ambiance joyeuse de l’habitacle | Le bouton des feux de détresse placé trop loin de ma main |
| La position de conduite adaptée à mon 1,60 m en relevant le siège | Le support central incliné, sur lequel mon téléphone ne tient pas et tombe |
| Les rangements ouverts et le rangement central zippé accessible des deux côtés | Le prix de l’option de recharge par induction, qui me paraît élevé |
| Le son et le plaisir de voyager en musique | L’angle de la porte à surveiller en s’installant |
| Le petit gabarit, appréciable pour se garer en ville | Les étapes de recharge à anticiper davantage pour les longs trajets à horaires serrés |
| La possibilité de partir en escapade avec sa citadine électrique |
Les difficultés rencontrées sur les bornes Ionity et Belib’ sont racontées dans le récit ; elles ne sont pas comptées ici comme des défauts de la voiture.
Fiche technique de l’exemplaire essayé
| Caractéristique | Renault Twingo E-Tech électrique Techno |
|---|---|
| Motorisation | 100 % électrique, 60 kW — appellation commerciale 80 ch |
| Couple | 175 Nm |
| Batterie | 27,5 kWh |
| Longueur | 3 789 mm |
| Largeur hors rétroviseurs | 1 720 mm |
| Hauteur | 1 491 mm |
| Empattement | 2 493 mm |
| Masse annoncée sur la fiche de l’exemplaire | 1 225 kg |
| Autonomie annoncée sur la fiche de l’exemplaire | Jusqu’à 252 km WLTP |
| Recharge de l’exemplaire | Pack Advanced Charge : AC 11 kW / DC 50 kW |
| Teinte et jantes | Vert Absolu / Reverso 18 pouces |
| Prix catalogue Techno hors aides et options | 21 090 € |
| Configuration identifiée hors aides | 22 790 € avec pack Advanced Charge, peinture et jantes ; autres éventuels équipements à confirmer |
| Consommation relevée au retour | 17,2 kWh/100 km sur 459,2 km, selon l’ordinateur de bord |
| Recharge relevée à Darvault, deuxième borne | 13,022 kWh en 21 minutes ; départ à 62 % |
Données de la fiche de l’exemplaire de presse et relevés de cet essai. L’autonomie WLTP est une valeur d’homologation ; les chiffres de consommation et de recharge constatés correspondent aux conditions de ce voyage.
Sources et précisions
- Tarifs Renault : prix catalogue et options. Total exact des équipements de l’exemplaire de presse à confirmer.
- Getaround : fonctionnement et libération de la caution.
- Automobile Propre : Paris–Strasbourg en Twingo, par Pierre Desjardins.
- Distances, consommations et recharges : observations réalisées pendant notre essai des 15 et 16 octobre 2026.
Pour comparer les petites électriques, retrouvez aussi notre essai de la Citroën ë-C3.